La Nouvelle Tribune

«Croyances» et «Violences» : quand la religion nuit à l’humanité

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Une nouvelle croisade qui ne dit pas son nom se développe sous nos regards. La nature des conflits qui se développent en Centrafrique, en Egypte et même ici au Bénin où «une déesse » de nature humaine choque, fouette la conscience et la ramène à une attentive lecture du philosophe Diderot dans “Entretien d'un philosophe avec la Maréchale de *** ”.

La religion nuit à l’humanité plus qu’elle ne la guérit. Ou du moins, l’homme-loup de Thomas Hobbes, s’est vêtu de peau d’ange pour camoufler ses actes démoniaques. En Centrafrique, on tue au nom du père, du fils, du saint esprit et d’Allah. Autant qu’en Egypte où «la salade à la religion et à la politique» paraît toxique à l’humain.

Et qu’en dit Diderot? «De temps en temps la religion n'empêche nombre de petits maux et ne produise nombre de petits biens (…) Mais croyez-vous que les terribles ravages qu'elle (la religion) a causés dans les temps passés, et qu'elle causera dans les temps à venir, soient suffi­samment compensés par ces guenilleux avantages-là ? Songez qu'elle a créé et qu'elle perpétue la plus violente antipathie entre les nations. Il n'y a pas un musulman qui n'imaginât faire une action agréable à Dieu et au saint Pro­phète, en exterminant tous les chrétiens, qui, de leur côté, ne sont guère plus tolérants. Songez qu'elle a créé et qu'elle perpétue, dans la même contrée, des divisions qui se sont rarement éteintes sans effusion de sang. Notre histoire ne nous en offre que de trop récents et de trop funestes exemples. Songez qu'elle a créé et qu'elle perpétue, dans la société entre les citoyens, et dans la famille entre les proches, les haines les plus fortes et les plus constantes. Le Christ a dit qu'il était venu pour séparer l'époux de la femme, la mère de ses enfants, le frère de la sœur, l'ami de l'ami ; et sa prédiction ne s'est que trop fidèlement accomplie.»

Le référentiel du crime religieux

A quoi se réfèrent les criminels religieux ? A l’analyse des motifs des violences religieuses, la religion –pour ces criminels- ne tourne pas autour de l’homme. Et c’est là où se trouve le paradoxe, la dichotomie  entre les saintes écritures et les actes qui se posent en leurs noms. Le plus grand commandement de Jésus est «l’Amour du prochain». Aimer l’autre comme soi-même. A-t-il recommandé. Et comme lui, tous les autres grands leaders religieux ont recommandé l’« Amour» de l’humain. En somme, le référentiel de la vraie religion devrait-être «l’homme». Mais hélas ! Les hommes sont plus misanthropes que les plus grands félins de la jungle. Il y a apparemment, plus de renégats dans la religion que nulle part. Comme quoi beaucoup sont appelés mais peu seront élus.