La Nouvelle Tribune

Soudan du sud : un Etat avec des malformations congénitales

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Le Sud Soudan, benjamin des 54 Etats du continent, répond bien à son statut de pays à malformations congénitales. C’est dans la peur de ne pas s’éteindre sous l’impact d’une balle que les populations ont passé la nuit de dimanche au petit matin de ce lundi 16 décembre 2013. A Juba, la capitale sud-soudanaise des tirs et détonations intenses ont tonné pendant toute la nuit.

Juba est né avec une malformation, un mal héréditaire causé par une modification du gène de la paix, qui a inscrit dans le patrimoine génétique de ce petit pays, l’instinct de la violence. Le pays depuis son accession à l’indépendance après des décennies d’âpres luttes avec Khartoum vit dans un contexte de tension politique qui germe au sein du régime lui-même. Le malaise est monté en surface avec la dissolution du gouvernement en juillet dernier quand le président Salva Kiir avait limogé l'ensemble du gouvernement dans l’intention de se passer du vice-président Riek Machar devenu son adversaire politique dès qu’il a ouvertement déclaré son désir de lui damer le pion lors de la prochaine élection présidentielle prévue pour 2015. Ce geste a faillit plonger le 54ème Etat africain, né il y a deux ans seulement, dans des conflits tribaux, entre les partisans de M. Kiir, majoritairement issus de l'ethnie Dinka et la communauté Nuer de M. Machar. Au mois d’octobre dernier, une attaque orchestrée par des rebelles, soupçonnés d'appartenir à la milice Murle de David Yau Yau avait fait au moins 49 morts et des dizaines de blessées dans l'Etat de Jonglei. Cet Etat, qui depuis la sécession du grand Soudan en 2011, subit constamment des attaques rebelles. En Octobre, l’Onu avait fait état d’un bilan de plus de 1500 morts. David Yau Yau, un ancien étudiant en Théologie est le chef de cette milice Murle. Lui et sa bande ont pris les armes pour défendre leur communauté qu’ils disent être marginalisée. La confrontation armée d’hier, selon une source sécuritaire a opposé divers éléments de l'armée sud-soudanaise. Une sorte de mutinerie au sein de l'armée sud-soudanaise, l'Armée populaire de libération du Soudan (Spla) constituée d’anciens rebelles de la guerre civile contre Khartoum, 1983-2005, devenue armée nationale à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011. La gravité de la situation sécuritaire a amené les ambassades britannique et américaine à appeler leurs citoyens résidents à éviter les déplacements dans le pays. Et voilà une autre plaie pour l’Afrique !