La Nouvelle Tribune

Procès du chef des Frères musulmans en Egypte : des chahuts obligent les juges à se récuser

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Le procès du guide suprême de la confrérie des frères musulmans Mohamed Badie et de ses adjoints, Khairat al-Chater et Rachad Bayoumi n’a pas prospéré ce mercredi. Pour cause, la récusation des magistrats commis pour les juger après la persistance de chahuts dans la cage métallique du box des accusés.

Le guide suprême de la confrérie des islamistes et ses compères sont accusés d’incitation au meurtre de manifestants. C’est en poussant des cris hostiles au régime militaire qui dirige le pays depuis la destitution du président Morsi, qu’ils sont entrés dans le box des accusés ce mercredi. Le chahut se faisant persistant malgré une première suspension du procès décidé par le juge présidant l’audience, le trio de juges s’est alors récusé. "J'ai demandé aux accusés de se calmer mais ils ne l'ont pas fait. Alors nous nous récusons", a déclaré le juge Salama. Avec les chahuts de plus en plus forts, des accusés s’indignant contre le tribunal et ses juges, le gouvernement de transition, et le chef de l'armée, le général Abdel Fatah al-Sissi, un désordre s’était emparé des lieux. Et pour les juges, impossible de tenir un procès dans ces conditions. C’est la deuxième fois que les juges se récusent dans ce procès après la première récusation pour "cas de conscience" des trois premiers juges désignés. C’était le 29 octobre dernier. Pour les frères musulmans c’est déjà une victoire non moins négligeable. Le président Morsi qu’ils soutiennent est lui aussi jugé pour "incitation au meurtre" de manifestants. Mais le procès, ouvert le 4 novembre, avait été ajourné au 8 janvier.