La Nouvelle Tribune

Djotodia ou la tragédie centrafricaine

Espace membre

S’il est une chose qui au-delà des morts, des blessés doit irriter les Centrafricains et  toute personne animée d’humanisme,  c’est  la justification lapidaire que Djotodia trouve pour son impuissance face aux massacres qui se perpétuent nuit et jour sur son territoire.

« C’est trop dire que je n’ai aucun pouvoir sur ce qui se passe dans ce pays. Mes hommes,  je les contrôle.  Ceux que je n’arrive pas à contrôler ne sont pas mes hommes(…) Le territoire est vaste, il n’y a pas de contrôle. On n’arrive pas à contrôler le territoire. Ceux qui étaient là avant nous ne sont pas arrivés à contrôler  le territoire.  Nous, nous venons d’arriver, et il faut maîtriser la situation sécuritaire ?»

Dans ces éléments d’explication se trouve dessiné qui est Michel Djotodia en réalité. 

Primo, le président centrafricain apparaît comme quelqu’un qui, avant d’accéder au pouvoir, vivait dans l’illusion.  De ses explications il donne l’impression de quelqu’un qui n’avait jamais auparavant mesuré la gravité du coup de force qu’il allait organiser avec sa racaille pour arriver au pouvoir. «Ceux que je n’arrive pas à contrôler ne sont pas mes hommes », ils s’avèrent ainsi que le président centrafricain s’était imaginé qu’il renverserait son prédécesseur et puis c’en serait fini, tout rentrerait dans l’ordre en un claquement de doigts.  Depuis que lui et sa bande ont par la force, arraché le pouvoir, la situation humanitaire s’est considérablement dégradée, faisant du pays, un territoire invivable pour les citoyens.

Secondo, le président Michel Djotodia fait montre d’une irresponsabilité insolente. «Ceux qui étaient là avant nous ne sont pas arrivés à contrôler le territoire.  Nous, nous venons d’arriver, et il faut maîtriser la situation sécuritaire ?».  Pour quelqu’un qui  a renversé un président en place, il devrait avoir mieux à proposer.  Cela montre le problème des politiques - si cette désignation leur correspond -  africains qui se contentent de fustiger la gestion de ceux qui sont au pouvoir sans pour autant avoir des solutions. L’objectif de Djotodia, c’était de parvenir au pouvoir. Le plus important n’était pas forcément d’avoir le contrôle du territoire. Il y est parvenu au prix du sang de centaines d’innocents. 

Provisoirement 394 morts en moins de 72 heures pour les récentes exactions. Il faudrait demander à Michel Djotodia, à qui incombe la responsabilité de ces vies écourtées.

« Ils ont tué mes parents. Nous sommes devenus des orphelins. Pourquoi ? Pourquoi ? Ils ‘ont tué ma mère. Elle n’a rien fait. »  Criait une fillette de douze ans environs, gémissant les doigts levés vers le haut comme pour invoquer une justice divine devant la barbarie humaine. Cette fillette comme de nombreux autres enfants centrafricains par l’irresponsabilité d’un seul homme ont un avenir hypothéqué. Et peut-être, en répondra-t-il un jour