La Nouvelle Tribune

Révision de la constitution égyptienne : coup de force réussi pour l’armée

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138 articles sur 247 articles, soit plus de la moitié des articles pour une nouvelle constitution égyptienne, ont été adoptés ce samedi par le "Comité des 50" chargé de réviser la Constitution. Une phase importante de la feuille de route établie par l'armée après sa destitution du président Mohamed Morsi.

Parmi les articles qui font objet de vote, un nombre non moins important de dispositions ravivent les tensions. L'armée en suspendant la Constitution adoptée sous Mohamed Morsi, accusée d'ouvrir la voie à une islamisation de la législation, n’a pas donné le bon exemple. Elle a maintenu ses privilèges dans les nouveaux textes qui sont soumis au vote du comité constitué de personnalités de la société civile, de l'armée, la police ou les syndicats, de l'église copte, des institutions islamiques, et des politiciens. Le coup de force réussi par l’armée inquiète les militants et défenseurs des droits de l'Homme qui dénoncent plusieurs articles qui confortent l’armée, notamment l'article 204 qui prévoit qu'"aucun civil ne peut comparaître devant des juges militaires sauf en cas d'attaque directe contre les forces armées, leurs équipements et leur personnel". L’article 204 prévoit également que le Conseil suprême des forces armées (Csfa) a un droit de regard sur le choix du ministre de la Défense. Mais, selon des explications du "Comité des 50", cette disposition prévue à l'article 234 ne s'appliquera que durant deux mandats. Un des 138 articles déjà approuvés prévoit que les principes de la charia, loi islamique, sont la principale source de législation et un autre interdit la formation de partis religieux ou sur des bases religieuses. Pour les représentants de l'Eglise copte orthodoxe au comité, cette nouvelle constitution est la bonne car avec elle, chaque Egyptien peut trouver son compte et se sentir entièrement citoyen.