La Nouvelle Tribune

Mali - Amadou Sanogo : de l’icône à l’Icare

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L’ex-capitaine Amadou Haya Sanogo, récemment bombardé général, séjourne depuis ce mercredi dans une geôle, à Bamako. Cette arrestation qui marque la chute de l’homme ne fait que couronner une série d’évènements intervenus ces derniers jours, et qui annonçaient déjà la descente aux enfers de l’homme fort du 22 mars 2012.

Une déchéance intervenue un peu plus tôt qu’on ne l’aurait prévu, et qui porte également les griffes du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK).  L’affaiblissement de la puissante autorité que Amadou Sanogo faisait planer sur le pouvoir politique au Mali, est à mettre à l’actif de la fermeté, de la témérité et de la volonté affichée du président Ibrahim Boubacar Kéita de restaurer l’autorité de l’Etat au Mali. Contrairement au pouvoir de transition conduit par le président Dioncounda Traoré, sur lequel le chef de l’ex-junte a gardé une forte capacité de nuisance, IBK a arboré un ton ferme. Son discours du 02 octobre 2013 qui annonçait un nettoyage au sein de l’armée et la promptitude avec laquelle cette opération nettoyage, dénommée «Sanya» (propreté), a été déclenchée et menée avec succès le 03 octobre, c'est-à-dire juste au lendemain de l’annonce, ont beaucoup contribué à neutraliser un Sanogo pourtant très redouté dans un passé très récent. On se rappelle que c’est au cours de cette opération que toutes les armes individuelles et collectives qui étaient en possession des mutins du 30 septembre à Kati, ainsi que celles détenues à la résidence du général Amadou Sanogo, ont été récupérées et réintégrées dans les dépôts logistiques sécurisés par l’état-major général des armées. Depuis cette opération militaire, les choses sont allées très vite. Amadou Sanogo va très vite tomber en disgrâce. D’abord démis de ses fonctions à la tête du comité chargé de réformer l'armée et ensuite contraint de quitter Kati, son quartier général où il régnait en maître absolu, Sonago ne sera plus que l’ombre de lui-même jusqu’à l’ultime chute. Aussi faut-il ajouter que la promotion de l’ex-capitaine au grade de Général, constitue l’une des voies, par laquelle le déclin est vite arrivé. Cette promotion est la pomme de discorde par laquelle la division est intervenue au sein même de la bande à Sanogo (voir la mutinerie de Kati). Une division qui n’a fait que faciliter sa neutralisation subite. En renversant le 22 mars 2012 le président Amadou Toumani Touré, le capitaine Amadou Sanogo, en même temps qu’il précipitait le Mali dans le gouffre d’une profonde crise s’est propulsé à l’apogée de sa «gloire». Une «gloire» sur laquelle le quasi répliquant d’un certain Daddis Camara (en Guinée), n’a surfé que le temps d’un feu de paille.