La Nouvelle Tribune

Tirs à Paris : Interpellé, le présumé auteur dénonce un « complot fasciste »

Espace membre

Abdelhakim Dekhar. C’est le nom du présumé auteur des coups de feu qui ont créé le branle-bas à Paris ce lundi 18 novembre 2013. Ce jour, il a fait irruption dans les locaux du quotidien Libération, tiré deux coups de feu qui ont fait un blessé,  tiré d’autres coups devant le siège de la Société générale à La Défense, avant de prendre, plus tard pendant une vingtaine de minutes, en otage un homme âgé d’une soixantaine d’année.

Déjà le vendredi d’avant, il avait proféré des menaces à l’aide de son fusil à pompe au siège de la télévision d’information continue Bfm-Tv. Deux jours après, Dekhar a été arrêté ce mercredi 20 novembre par la police dans un état « semi-conscient » dans parking souterrain de Bois-Colombes, une banlieue située au nord-ouest de Paris. L’analyse Adn des empreintes relevées sur ces différents lieux avait permis à la police de conclure qu’il s’agissait de la même personne. Arrêté donc, Dekhar a été placé en garde à vue. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à la mi-journée, François Molins, le Procureur de Paris a annoncé que ce présumé coupable a été placé en garde à vue pour tentatives d’assassinats, faits d’enlèvement et séquestration.

Quelles sont les motivations du présumé auteur des tirs et prise d’otage ? C’est bien l’une des questions qu’on se posait depuis ce lundi. La réponse on l’a. Selon le Procureur, Dekhar avait laissé deux lettres dont les contenus permettent d’en savoir sur ses motivations. Dans l’une d’elle, Abdelhakim Dekhar, « dénonce, a rapporté le Procureur, un complot fasciste » ; le rôle des journalistes, qu’il qualifie de « journaputes » qui sont payés pour « faire avaler le mensonge à la petite cuillère ». Abdelhakim Dekhar « stigmatise ensuite tour à tour le capitalisme, la gestion des banlieues qui s’apparente pour lui à une entreprise de déshumanisation portant sur les populations dont le grand capital ne veut pas », a complété le Procureur de Paris. Avant d’ajouter que le suspect sera soumis à une expertise psychiatrique pour déterminer les raisons de ses agissements. La très bonne nouvelle concerne César, le photographe de Libération blessé au thorax et à l’abdomen par les tirs du suspect. Dans un état grave le jour des tirs, il est désormais hors de danger et « définitivement maintenant du côté de la vie », selon Nicolas Demorand, Directeur de publication de Libération.