La Nouvelle Tribune

Coupe du monde Brésil 2014 : les espérances de l’Afrique

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Les barrages ont livré leur verdict sur le continent africain, hier soir, avec la qualification du Ghana et de l’Algérie. A ses deux pays s’ajoutent le Côte-d’Ivoire, le Cameroun et le Nigeria, qui ont eu leurs tickets le week-end dernier. De ses cinq représentants, l’Afrique attend beaucoup.

Nigeria: Beaucoup d’attentes nourries pour un groupe expérimenté

Les Super Eagles du Nigeria se sont qualifiés pour leur cinquième phase finale de Coupe du Monde. Après 1994, 1998, 2002 et 2010, le Nigeria a obtenu son ticket pour Brésil 2014, à l’issue des barrages qui l’ont vu se coltiner la modeste équipe des Walyas de l’Ethiopie. Les poulains de Stephen Keshi ne se sont pas loupés. A Addis-Abeba comme à Kalaba, ils ont dompté une équipe d’Ethiopie assez timorée, et qui n’avait pas les moyens d’un Mondial. Après une victoire (2-1) arrachée en match aller, le Nigeria a assuré l’essentiel, samedi dernier (2-0), et peut commencer par préparer l’expédition tant rêvée. Et, comme lors  de sa toute première qualification à une phase finale de Coupe du Monde, en 1994, les Super Eagles vont s’envoler pour cette 20è édition du Mondial, avec une génération dorée, sacrée championne d’Afrique en Afrique du Sud en février dernier. L’actuelle sélection nigériane  nourrit plus d’attentes que celle de 1994. Le groupe de Stephen Keshi devrait avoir un peu plus de bagout, avec plusieurs de ses cadres évoluant dans les meilleurs clubs européens, dont John Obi Mikel, Victor Moses et Victor Obinna, habitués au haut niveau. En 1994, la sélection nigériane était jeune et inexpérimentée, à l’image de Jay Jay Okocha (20 ans), Daniel Amokachi (21), Sunday Oliseh (19) et Victor Ikpeba (21). La plupart des joueurs de Clemens Westerhof n’en étaient alors qu’à l’orée de leur carrière. Comme en 1994 avec Clemens Westerhof, le Nigeria aura à sa tête l’an prochain, un sélectionneur qui a déjà fait ses preuves. Mais, contrairement au Néerlandais, Keshi a dû faire face à de nombreuses critiques en interne. Il sait à quoi s’en tenir, et ses joueurs ont envie d’explorer autre chose, après leur sacre continental.

Cameroun: A la quête d’une gloire lointaine

Les Lions indomptables, lors de ces éliminatoires de la Coupe du Monde Brésil 2014, n’ont pas fait régner, d’ailleurs c’est devenu une habitude, la peur qui accompagne leur nom, depuis 1990 et une quart de finale du Mondial italien. Ils auront attendu le match retour des barrages, pour montrer une force collective retrouvée, à un moment où une élimination aurait renvoyé à coup sûr certains cadres comme Eto’o et Makoun à autre chose qu’un Mondial. A Yaoundé, les Aigles du Carthage n’avaient pas les arguments pour faire douter les Lions (1-4, 0-0 au match aller à Tunis) qui rêvaient d’une septième qualification, après celles de 1982, 1990, 1994, 1998, 2002 et 2010. Ils la voulaient, et le Président a dû demander au capitaine Samuel Eto’o, qui avait mis fin à sa carrière internationale, de revenir pour conduire le challenge. C’est donc une sorte de dernière chance pour le capitaine (il peut revenir en 2018 en Russie), qui devra tout pour faire oublier l’exploit de la génération 90.

Le Cameroun participait alors à sa deuxième Coupe du Monde en 1990, en Italie. Les Lions, entraînés par le Russe Valeri Nepomniachi, vont causer une des plus grosses surprises de l’histoire de la Coupe du Monde, en s’imposant lors du match d’ouverture contre le tenant du titre, l’Argentine de Diego Maradona (1-0, but de François Omam-Biyik). Cette année-là, le Cameroun devient le premier pays africain à atteindre les quarts de finale d’une Coupe du monde. Y parviendra-t-il encore? Le tirage au sort du 6 décembre nous édifiera davantage.

Côte-d’Ivoire: La rédemption d’un groupe

Après une victoire (3-1) obtenue à Abidjan, lors de la manche aller des barrages, les Eléphants devaient assurer le service minimum à Casablanca. Mais, ils se sont fait peur jusqu’à la dernière minute d’un match retour où les Lions de la Téranga ont montré de l’envie et de la combativité. Après avoir mené au score (1-0), jusque dans le temps additionnel, le Sénégal a eu la balle du match (à 2-0, les Eléphants étaient éliminés). Mais, il a manqué de réussite, et sur le contre, Salomon Kalou égalise et enterre définitivement le rêve sénégalais. Alors, la Côte-d’Ivoire se présentera au Brésil, à sa troisième phase finale de Coupe du Monde, et pour une troisième fois d’affilée, après 2006, 2010. Mieux, elle est sur une série de 21 matches sans défaite dans les éliminatoires (Can et Mondial confondus) depuis sa défaite à Abidjan, le  4 septembre 2005, face au Cameroun (2-3, éliminatoires Allemagne 2006). Le Peuple ivoirien tout entier, prie pour que le tirage au sort leur soit favorable, pour une fois, car cette sélection n’a pas été gâtée lors des deux précédentes éditions. Mais, l’espoir et l’attente qui les ont toujours accompagnés, ne sont plus les mêmes. Avec sa farandole de stars, la Côte-d’Ivoire a étiolé au fil du temps la peur qu’elle inspire aux adversaires. Toutefois, cette bande de joueurs dorés, peut faire preuve d’un peu d’orgueil et créer la surprise. D’ici à Juin 2014, le chemin reste à faire et le tirage est attendu.

Ghana: Un exploit à confirmer

Avec une  génération symbolisée, notamment, par André Ayew, Kévin Prince Boateing, le Ghana prendra part, au Brésil en Juin 2014, à la troisième Coupe du Monde de son histoire riche de quatre titres de champion d’Afrique. Après 2006 et la fabuleuse épopée d’Afrique du Sud 2010, les Black Stars du Ghana se sont qualifiés pour le rendez-vous de la terre du Roi Pélé, devant les Pharaons d’Egypte. Ils ont tout fait lors du match aller des barrages, où ils ont atomisé leurs adversaires à Kumassi (6-1), après avoir chipé la première place de leur groupe aux «Boulées de cuivre» (Chipolopolos) de la Zambie, au tour précédent. Au Caire hier, le Ghana a perdu (1-2) mais sans conséquence.  

Seule nation africaine à se qualifier pour les huitièmes de finale en 2006, le Ghana a fait sensation en atteignant les quarts de finale en 2010, après une deuxième place dans le groupe D où se retrouvait l’Allemagne, la Serbie et l’Australie. En huitièmes de finale, le Ghana l’emporte sur les États-Unis (2-1), ce qui permet aux Black Stars d’accéder aux quarts de finale pour la première fois de leur histoire. Au Brésil en juin 2014, les Ghanéens devront confirmer cet exploit. Quel que soit le groupe dans lequel ils seront, on attendra d’eux au minimum une quart de finale. Car c’est un groupe formé d’un savant mélange d’anciens, comme Michael Essien, et de jeunes. Et ces joueurs ont déjà montré qu’ils ont du cœur, qu’ils savent jouer le ballon et qu’ils sont capables d’aller loin. Le Peuple ghanéen peut conserver son slogan: Black Stars Monko, Yån Wiase Mu Nsroma (Allez les Black Stars, les stars de notre monde).   

Algérie: Une équipe sans grand espoir  

Après 1982, 1986 et 2010, les Fennecs se sont qualifiés, hier à Blida, à leur quatrième phase finale de Coupe du Monde, devant les Etalons. Un but de Bougherra (1-0, 49’) a suffi pour envoyer Vahid Halilhodzic et son groupe au Brésil, après une défaite (2-3) en match aller, à Ougadougou. Ils diront que ce n’est que justice pour eux, car le troisième but du Burkina-Faso à Ougadougou, a fait couler beaucoup d’encre et de salive, avec moult critiques. Donc, avec un (3-3) et l’avantage des deux buts marqués à l’extérieur, les Fennecs seront au rendez-vous de Brésil 2014.

Depuis sa première participation à une phase finale de Coupe du Monde, en 1982 en Espagne, avec Rabah Madjer, Lakhdar Belloumi, Mustapha Dahleb et Salah Assad, l’Algérie  court toujours derrière une qualification pour les huitièmes de finale. C’est donc la mission de Feghouli  et ses coéquipiers, lors de ce Mondial. Mais, cette équipe algérienne se présente dans l’état d’une équipe quelconque, dont il ne faut pas attendre grand-chose. En attendant le tirage au sort et juin 2014, les Fennecs peuvent se frotter les mains.