La Nouvelle Tribune

Législatives en Guinée Conakry : l'opposition change de fusil d'épaule

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Les déboires de l'opposition guinéenne n'en finissent plus après les élections législatives très controversées qui donnent le parti du président Alpha Condé en tête, d'après les résultats officiels. En effet, pensant initialement à organiser des marches et meetings de protestation, les opposants guinéens gravitant autour de Cellou Dallein Diallo, ont décidé de changer de fusil d'épaule et d'opter pour les recours prévus par la loi. 

Sage décision pourrait-on dire du côté du parti au pouvoir. Simple résignation des opposants qui veulent peut-être éviter un bain de sang au pays qui en a connu maintes fois. Mais en réalité, après l'insistance de la société civile et face aux pressions de la communauté internationale les opposants guinéens ont décidé dans un premier temps de saisir la cour suprême du pays, pour demander l'annulation partielle des dernières législatives pour cause de fraude. Alpha Condé, actuel président, et lui-même victime par le passé de ce genre d'événements quand il était de l'opposition, se voit donc rassurer et doit, avec franchise et volonté d'apaisement, laisser les autorités judiciaires régler les différents contentieux pour ramener une paix durable et véritable dans le pays.

Communiqué des membres de l'opposition

Dans un souci d’apaisement et pour répondre favorablement aux sollicitations de la société civile et aux différents appels lancés par la communauté internationale, l’opposition républicaine a décidé de surseoir à toute manifestation publique et d’user des recours prévus par le Code électoral pour faire valoir ses exigences de transparence des élections législatives du 28 septembre 2013.

Les partis membres de l’opposition concernés par ce scrutin ont effectivement introduit, dans le délai légal et dans les formes requises, leurs pourvois respectifs auprès de la Cour suprême afin de réclamer l’annulation et subsidiairement l’invalidation partielle de ces élections pour cause de fraudes massives.

La Cour suprême qui dispose du pouvoir constitutionnel de règlement des contentieux électoraux est donc interpelée pour trancher en toute indépendance et sur la base de la loi, les différends soumis à son arbitrage.

L’opposition républicaine rappelle au Président et aux magistrats de la Cour suprême que l’institution républicaine à laquelle ils ont le privilège d’appartenir n’est soumise qu’à l’autorité de la loi et qu’elle a l’obligation de se soustraire de toute influence et de rejeter toute allégeance au pouvoir exécutif, pour ne dire que le droit.

L'opposition républicaine espère que la cour suprême mesure pleinement les enjeux de paix et cohésion sociale de sa mission actuelle qui doit concourir à ce que les résultats de ces élections soient réellement conformes à la volonté du peuple de Guinée afin que le futur parlement soit le reflet des suffrages effectivement exprimés par les électeurs .

L’opposition républicaine invite ses militants et sympathisants ainsi que tous les citoyens guinéens épris de liberté et de démocratie à rester à son écoute et à demeurer fortement mobilisés pour le respect de leurs droits.