La Nouvelle Tribune

Tunisie : six gendarmes tués, le départ d'Ennahda réclamé

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En Tunisie, la tension touche son paroxysme. Mercredi, des milliers de protestataires, à leur tête des leaders de l'opposition, sont sortis dans les rues de Tunis pour réclamer le départ d'Ennahda, le parti islamiste au pouvoir depuis la chute du régime de Ben Ali. Face à cette croissance de la contestation, Le Premier ministre islamiste, Ali Larayedh a réitéré son engagement à respecter « le principe d'une démission du gouvernement» conformément aux dispositions entrant dans le cadre de la complémentarité des différentes phases de la directive du dialogue national précédemment conclut avec l'opposition.

Pas question que le gouvernement se soumette aux injonctions des manipulateurs qui mettent à mal les intérêts du pays. A-t-il également fait savoir. Se voulant plus rassurant, le Président Moncef Marzouki a aussi tenu un discours d'apaisement devant les caméras. Il déclare avoir été de nouveau assuré par le premier ministre qui lui a dit qu'il ne reviendrait pas sur le principe d'une démission tant que l'Assemblée nationale constituante acceptait de designer une commission électorale indépendante et achevait la Constitution.

Mais cette concession verbale n'a pas suffit à apaiser la foule toujours remontée contre le parti islamiste Ennahda accusé de mener le pays à la déroute et dans le tourment religieux. L'opposition dénonce une ambigüité dans la position du gouvernement et s'oppose à toute négociation tant que sa démission ne sera pas effective.

Selon la feuille de route initialement rédigée par quatre médiateurs dont le puissant syndicat Ugtt un nouveau Premier ministre indépendant devrait être désigné par l'ensemble de la classe politique une semaine après le démarrage du dialogue. Le gouvernement serait alors constitué de technocrates. Des concertations sont prévues pour se tenir ce vendredi.

Pendant que l'opposition et le gouvernement s'entredéchirent, les gendarmes périssaient dans la même journée face à un groupe terroriste à Sidi Bouzid dans le centre ouest du pays.

Sur ce dossier le premier ministre Larayedh s'est exprimé en déclarant que " Malgré les sacrifices l'Etat tunisien réussi sa lutte contre le terrorisme." Le pays doit faire un deuil de trois jours au même moment que le puissant syndicat Ugtt, a appelé à une grève générale dans la région de Sidi Bouzid pour manifester contre l'imposture du gouvernement islamiste.