La Nouvelle Tribune

L'Union africaine souhaite que la CPI ne juge pas les présidents en exercice

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Ajourner les procès des présidents en exercice. Telle est la décision que l'Union africaine souhaite que la CPI prenne dans toutes les procédures qu'elles engagent contre des dirigeants. En clair cette décision concerne les présidents Kenyan, Uhuru Kenyatta, et soudanais, Omar El Béchir, actuellement poursuivi devant la juridiction internationale. 

Les chefs d'Etat avaient déjà critiqué les décisions de la cour qu'elle considère comme cour des présidents africains. Plusieurs autorités n'avaient pas hésité à attaquer l'impartialité de la cour, que certains considèrent comme une cour politique, notamment dans l'affaire Gbagbo en Côte d'ivoire. Le président guinéen, Alpha Condé, n'avait pas hésité à traiter cette cour de "borgne"; cour qui ne s'en prend selon lui qu'aux dirigeants africains.

Un projet de résolution a été rédigé et consulté par certaines agences de presse. Dans ce projet, il est par exemple stipulé que : "L'UA demande que les inculpations contre le président et le vice-président du Kenya soient ajournées conformément à l'article 16 du statut de Rome, afin de leur permettre de remplir leurs obligations constitutionnelles". Pour l'organisation africaine, tout président jouit d'une immunité que ne peut ignorer la cour pénale internationale. Et que cette immunité pouvait valoir le report des audiences, chaque année jusqu'à ce que le mandat constitutionnel du président poursuivi soit achevé. 

Même si le projet ne mentionne pas le nom du président soudanais, poursuivi pour des crimes que ses hommes auraient commis dans le soudan du sud, aujourd'hui indépendant, il n'en démeure moins que si ce projet est retenu, le président kenyan et son vice président ne seront pas les seuls "bénéficiaires". 

Certains estiment que les pressions des pouvoirs africains ont eu un effet positif sur les relations internationales puisque, dans le cas de la Libye par exemple, la CPI vient d'accepter le principe que l'ancien chef des services secrets libyens, M. Senoussi, puisse être jugé par les autorités judiciaires du pays. Rappelons que suite à la menace des pays de l'UA, plusieurs organisations internationales et associations, ainsi que l'ancien secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, avaient appelé les dirigeants africains à ne pas adopter une rupture d'avec la CPI.