La Nouvelle Tribune

Syrie - Bachar el-Assad : le début de la fin?

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L’imminence d’une intervention militaire en Syrie se précise de plus en plus. Si la Grande-Bretagne a été mise hors-course, après le rejet de cette option, le jeudi 29 Août dernier, par les députés britanniques, Washington et Paris y tiennent encore et ne démordent pas, en ce qui concerne la recherche d’une légitimité morale pour une éventuelle frappe, à défaut d’un cadre légal, toujours bloquées par la Russie et la Chine.

Mais, quelques heures avant le sommet du G20 qui s’ouvre ce jour à Saint-Pétersbourg, Moscou semble un peu baisser le ton. Bachar El-Assad aurait-il amorcé sa descente aux enfers? «La Russie agira résolument, si l’usage d’armes chimiques était prouvé». C’est désormais la position de Moscou, à la veille de l’ouverture du sommet du G20. Une position ponctuée par l’annonce de l’interruption de ses livraisons d’armes de défense anti-aérienne à la Syrie. Or, il y a quelques jours encore, la Russie soutenait que l'attaque du 21 août ne pouvait être qu'une provocation planifiée par les rebelles, pour fournir un prétexte d’intervention armée aux Occidentaux. Cette nouvelle position, qu’on peut apprécier comme un élan d’ouverture, est-il un début de la fin du solide tandem Moscou-Damas, ou une façon d’alléger la tension dans le cadre du sommet du G20?

Toujours est-il que Vladimir Poutine, connu pour ses positions radicales, après deux ans et demi de tueries en Syrie, vient de montrer un petit côté flexible qui pourrait changer la donne. Encore faudrait-il que l’Onu livre ses résultats, avec des preuves irréfutables de l’usage des armes chimiques par le régime d’Assad.

Des preuves dont les Etats-Unis et la France semblent quasiment convaincus, vu l’engagement de ces derniers jours. Si les Etats-Unis attendent le 09 septembre prochain, pour soumettre une potentielle intervention militaire en Syrie, au Congrès, en France, par contre, s’est tenu hier un débat à l'Assemblée Nationale, à cet effet. Un débat qui n’a pas donné lieu à un vote. Toutefois, on peut retenir, d’après des chiffres de l’institut de sondage Ifop, que 60% des Français sont opposés à une participation française à des frappes militaires sur la Syrie, à défaut d’un mandat Onusien. Un chiffre qui ne semble pourtant pas émousser les ardeurs de Paris, qui apparemment n’attend plus que Washington, pour dégainer.

Intervenir outre le mandat de l’Onu?

Moscou considère toute intervention militaire non-mandatée par le Conseil de Sécurité de l’ONU comme une agression. Mais, Washington et Paris ne l’entendent pas encore de cette oreille. Ces derniers pourraient s’appuyer sur le chapitre VII de la Charte de l'ONU, selon lequel une opération militaire peut se justifier par la nécessité de protéger les civils contre les armes chimiques. Aussi, Washington et Paris n’entendent pas laisser impuni le franchissement de la ligne rouge, c'est-à-dire l’usage d’armes chimiques en Syrie, le 21 Août dernier. Washington n’attend plus que le feu vert de son Congrès. Un Congrès où des Républicains, opposants traditionnels d’Obama, seraient même pour une intervention militaire de grande envergure ; même si le gouvernement américain veut, pour sa part, se limiter à des frappes aériennes. Toutes choses qui portent à croire qu’une intervention militaire occidentale en Syrie est de plus en plus inévitable.