La Nouvelle Tribune

IBK à Koulouba avec deux grosses épines aux pieds

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Ibrahim Boubakar Keïta, le nouveau Président malien, investi hier mercredi 04 septembre dans ses fonctions officielles, sera suivi de près sur deux dossiers, entre autres : la gestion de la question touarègue, et sa collaboration avec l’Armée, notamment le Général Sanogo. 

Ouf ! Ainsi peuvent s’exclamer les Maliens depuis hier mercredi 04 septembre 2013. C’est en fait hier que le tout nouveau Président, élu le 11 août dernier, à l’issue des élections de sortie de crise, a prêté serment. L’investiture d’Ibrahim Boubakar Keïta, dit IBK, marque la fin d’une période de traversée du désert, d’environ dix-sept mois.  Il faut oser le dire. Le Mali vient de loin. La rébellion touarègue au Nord, le coup d’Etat le 22 mars 2012, la crise politico-militaire, une transition en dents de scie, marquée par des événements parfois inédits, l’invasion djihadiste au Nord, la menace sécuritaire… C’est donc un nouveau jour qui se lève sur le pays de Modibo Keïta.  Une nouvelle page s’ouvre dans les annales de l’histoire du Mali. Cette nouvelle page, les Maliens ont commencé à la remplir depuis hier, avec comme meneur  le Président IBK.  C’est un défi pour lui. Défis, il en a. Et sur le chemin de l’atteinte de ses défis, dont l’un des principaux est la réconciliation des Maliens, IBK devra faire avec deux situations majeures : la question touarègue et «l’hyper-puissance» du Général Sanogo.

La rébellion touarègue du Mnla, pour l’autonomie de l’Azawad, fait partie des facteurs ayant précipité le Mali dans une longue période d’instabilité politico-sécuritaire.  Et l’accord politique signé à la mi-juin, entre les autorités de la transition malienne et celles du Mnla, ne règle pas entièrement la question touarègue. Cet accord a permis  d’obtenir le cessez-le-feu entre soldats de l’Armée malienne et rebelles touaregs, le redéploiement de l’administration au Nord, en vue de l’organisation de l’élection présidentielle. Mais, il ne vide pas la délicate question de l’autonomie de l’Azawad. Il reviendra donc à IBK, autorité légitime et légale, de poursuivre et finaliser les négociations avec les touaregs sur la question de l’autonomie de l’Azawad. C’est la première épine dans le pied d’IBK.

Amadou Haya Sanogo, ancien capitaine, il a été  promu récemment Général de corps d’armée. C’est Sanogo, la seconde épine dans les pieds d’IBK. Tombeur du Président Toumani Touré, le Général Sanogo a acquis, au fil du temps, de la notoriété et de la puissance. Il fait partie des personnes sur lesquelles IBK devra compter pour réussir son chantier de reconstruction, notamment concernant l’Armée. Mais, cet «allié» et indéniable futur collaborateur, qui a déjà pris goût au pouvoir et aux honneurs dus aux hommes d’Etat, peut devenir, à certains moments, encombrant. Et ce, bien qu’IBK ait pu se faire «l’homme de l’Armée».  Lui qui s’est d’ailleurs taillé la réputation d’homme à poigne.  La gestion du dossier touareg et la collaboration avec l’Armée, notamment avec le Général Sanogo et ses hommes, font partie des éléments sur lesquels Ibrahim Boubacar Keita sera beaucoup suivi. Surtout que le vaste et prioritaire chantier de la réconciliation nationale, dépend de ces deux éléments, dans une certaine mesure.