La Nouvelle Tribune

Obama, un afro-optimiste à Soweto

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Après le Sénégal, et comme prévu, la tournée africaine du Président américain Barack Obama, l’a conduit le week-end dernier en Afrique du Sud, dans le pays de la figure de proue de la lutte anti-apartheid et père de la Nation Arc-en-ciel, Nelson Mandela.

Qui se bat d’ailleurs contre la mort depuis peu. Là bas, en Afrique du Sud, Obama a eu droit, au campus de Soweto, à un grand oral.

Devant une assistance constituée de personnes (étudiants, entrepreneurs et officiels) triées sur le volet, le prix Nobel de la Paix 2009 a envoyé un message fort à tout le continent. Comme il l’a d’ailleurs fait en 2009 à Accra, avec  son «L’Afrique a besoin d’Institutions fortes plutôt que d’hommes forts».  De ce grand oral du premier président afro-américain des Etats-Unis d’Amérique, on retient, entre autres et surtout, l’optimisme d’Obama pour l’Afrique.

Barack Obama a «confiance en l'Afrique, un continent en mouvement.» Il est convaincu que les jeunes – entrepreneurs - incarne «le dynamisme, l'imagination, la créativité» de leur «continent».  Avant de leur conseiller d’exiger une reddition de compte des dirigeants. Face à la société civile sénégalaise, jeudi 27 juin dernier, le message était quasiment identique.

Mais, face à ceux-là qui ont énergétiquement contribué à l’alternance à la tête de l’Etat avec la défaite de Wade, Obama a rappelé que  la société civile a un grand rôle à jouer dans les processus de démocratisation en Afrique.

Prenons notre destin en main

Tout comme le Président américain, le Pape Emérite Benoit XVI avait, dans son discours de Cotonou, lors de sa visite papale de novembre 2011, martelé que l’Afrique était l’espoir du monde. C’était aussi un grand oral sur son afro-optimisme. Ainsi, l’on ne cesse d’entendre des grandes personnalités et même des chefs d’Etats africains affirmer que le continent est l’espoir du monde.

Cependant, est-ce que les dirigeants africains en sont vraiment conscients, ou s’adonnent-ils à un mimétisme sémantique ? Mieux, si tant est que les dirigeants africains sont conscients de l’espoir que le continent représente pour le monde, que font-ils pour que le continent profite de cette position ?

A part les discours, parfois rébarbatifs, sur le panafricanisme et le développement, rien de concret et d’efficace. Ce qu’il faut retenir des différents messages d’Obama - Ghana, Sénégal et Afrique du Sud - tout comme de celui du Pape Benoit XVI au Bénin, c’est que les Africains doivent prendre en main le destin du continent, leur destin. Car, le développement de l’Afrique ne lui sera pas offert sur un plateau d’or, par les grandes puissances qui ont le seul souci de renforcer chacune leur domination sur le monde. C’est donc de l’Afrique et par les Africains que viendra le développement pour l’Afrique et les Africains.

Enfin la marque Obama !

En Afrique du Sud, le Président américain a annoncé le déblocage d’un fond de sept milliards de dollars américains pour le financement de l’électrification de l’Afrique. Un peu comme un fond qui sera destiné à financer une campagne d’accès à l’énergie pour tous sur le continent. Un continent où le déficit énergétique est patent, en dépit des nombreuses sources naturelles d’énergie dont il dispose. Depuis son élection, dans la relation de son administration avec l’Afrique, Obama s’est, jusque là, illustré seulement par ses messages forts pour la démocratie et l’Etat de droit. Il lui est même reproché de n’avoir rien fait de concret pour l’Afrique, bien qu’il soit originaire du continent. Surtout que ses prédécesseurs immédiats, Bush fils et Bill Clinton qui n’ont aucun lien de sang avec l’Afrique, ont pris au cours de leur mandat respectifs, des initiatives visant à réduire la pauvreté sur le continent noir. On peut citer, entre autres, l’Agoa (African Growth and Opportunity Act) lancé sous la présidence de Bill Clinton en 2000 dans de but de soutenir l'économie des pays africains, en leur facilitant l'accès au marché américain s'ils suivent les principes de l'économie libérale, le Millenium Challenge  Account (Mcc) créé par l’administration Bush en 2004, et la subvention de 1,2 million de dollars que son gouvernement a alloué à la lutte contre le paludisme dans les pays d'Afrique subsaharienne.  

A travers «son» fond pour l’électrification, Barack Obama pose donc un acte concret en direction du continent. Au message fort de ses discours, s’ajoute enfin une initiative qui lui permet de donner désormais une marque à son mandat, en tout cas vis-à-vis de l’Afrique.