La Nouvelle Tribune

Visite africaine d’Obama : prime à la démocratie et au nom des intérêts économiques ?

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L’Américain Barack Obama séjourne en Afrique depuis hier, et ce jusqu’au 03 juillet prochain. A l’analyse du choix des pays qu’il visitera, son séjour peut être interprété comme une prime à la démocratie et au nom des intérêts économiques américains.

C’est fait. Depuis hier Barack Obama est devenu Africain.  Africain il est devenu, non pas à cause de ses origines africaines. Mais Africain il l’est à cause de la tournée qu’il effectue sur le continent noir. De ce 26 juin au 03 juillet, le Président américain, accompagné de son épouse Michelle et de ses deux filles, séjourne sur le continent africain. Ce séjour conduira la famille présidentielle américaine respectivement au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie.

Les débats vont bon train, depuis l’annonce de cette visite, sur les vraies motivations de la partie américaine et ce que les Africains pourraient en tirer. Mais, on peut retenir que le séjour africain du président américain est une prime à la démocratie et aussi un voyage au nom des intérêts économiques, voire sécuritaires et stratégiques. La tournée africaine du Président Obama devrait coûter au contribuable de son pays une bagatelle de cent millions de dollars américains.  Jusqu’à preuve de contraire, aucun président américain, aussi africain soit-il,  ne peut se permettre de dépenser l’argent du contribuable américain pour les beaux yeux des dirigeants africains. Les Etats-Unis ont toujours eu, au cœur de leur politique africaine, les principes de démocratie, de bonne gouvernance, la stimulation de la croissance économique et la sécurité. Il suffit d’analyser la liste des pays retenus, pour se rendre compte de ce que, bien qu’Obama soit d’origine africaine, les critères de démocratie, et les principes de protection des intérêts américains n’ont pas changé.  

En Afrique de l’Ouest, le Sénégal passe désormais pour un modèle de démocratie et d’alternance réussie au sommet de l’Etat. L’Afrique du Sud est, depuis les premières élections multiraciales en 1994, non seulement une puissance, mais aussi un modèle politique. Pour ce qui est de la Tanzanie, en Afrique de l’Est, elle peut être considérée comme un pays «sans problèmes», comparativement à d’autres comme le Kenya, le Rwanda, la Congo et la Rdc.

Il est annoncé que la délégation américaine est constituée de  bon nombre de potentiels investisseurs.  C’est donc évident qu’il ne s’agit pas uniquement d’une randonnée politique. L’Afrique du Sud est la première puissance économique du continent. Une première puissance vue aussi comme un modèle démocratique, on a donc plus de questions à se poser sur les raisons pour lesquelles ce pays figure parmi ceux que doit visiter Obama.  Quant à la Tanzanie, en plus d’être l’un des rares Etats «sans problèmes» de sa sous-région, elle a connu récemment la visite du nouveau Président chinois. Il s’y est rendu lors de sa toute première visite en Afrique. Le choix de la Tanzanie pourrait donc être perçu comme l’engagement des Etats-Unis à protéger leurs intérêts face à la percée chinoise sur le continent. Obama n’est donc ni en villégiature, ni en tourisme en Afrique.

Deux grands Africains à la Une de l’actualité

La visite africaine du Président américain, d’origine africaine, arrive à un moment où, sur le continent, toutes les attentions sont tournées vers l’Afrique du Sud, où Nelson Mandela, le Père de la Nation arc-en-ciel et héros de la lutte anti-apartheid, se trouve dans le couloir de la mort. A cause de son état de santé critique, Madiba, l’homme le plus respecté de la terre, fait de plus en plus la Une de l’actualité africaine.

Avec son séjour sur le continent, le Président américain, l’homme le plus puissant de la terre, se taillera aussi une part importante dans l’actualité africaine. En tout cas, pendant les sept jours que va durer son séjour sur le continent. Madiba est l’homme le plus respecté de la terre. Obama en est l’homme le plus puissant. Ils sont tous deux africains et Noirs. Comme par coïncidence, le second au sommet de sa gloire politique arrive sur le continent au moment où l’autre se bat contre la mort. Mais, de part les deux événements, le premier triste et le second heureux, ces deux Noirs feront tout le reste de la semaine la Une de l’actualité sur le continent.