La Nouvelle Tribune

Afrique

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L’Afrique dupée, asphyxiée et à terre peut se relever toute seule
Pourquoi il y a-t-il tant de pauvreté en Afrique alors que l’Afrique regorge de tous les minerais, produits et matières premières ?L’Afrique n’a pas besoin de charité ; elle a plutôt besoin de technologie lui permettant de transformer elle-même ses ressources naturelles et pour son auto- développement.

Elle a plus que besoin de juguler ses incapacités à émuler les exemples nombreux d’un développement autocentré, axé sur l’homme africain, - paysan, ouvrier, cadre, politique, intellectuel...- et ses matières premières.

L’Afrique est riche, très riche même
La vocation de tout pays, surtout d’un pays en développement, n’est pas d’exporter des matières premières vers d’autres horizons mais plutôt de les transformer sur place, d’en satisfaire sa consommation locale et en dernier ressort, d’exporter le surplus de ses produits finis vers les marchés du monde les plus porteurs, sans état d’âme. Ainsi, je ne prend ici aucun risque en affirmant que les produits, minerais et matières premières d’Afrique sont indispensables aux populations et aux industries européennes, américaines et asiatiques avec ou sans accords ni traités. Pourquoi ? Parce que tous ses accords, sélectifs, ciblés et à sens unique ainsi que autres traités concourent tous à l’appauvrissement de l’Afrique et à l’avilissement des africains. Pourtant l’Afrique est riche, très riche même !Le seul  parapluie de l’OMC – Organisation Mondiale du Commerce –, puisque c’est de la globalisation des échanges qu’il s’agit, devrait, en toute égalité et liberté - sans menaces de sanctions ou de représailles économiques de la part de l’UE, des USA ou du Japon -  nous permettre de libérer nos énergies sur le marché mondial de l’offre et de la demande. Nous devons nous unir et donner meilleur écho aux avantages comparatifs, dans la diversification agricole et surtout intensifier la transformation des produits vivriers et certaines cultures de rente sur place et par regroupement régional. La transformation sur place, sur le continent, ainsi que la production en réunion nous permettra de réduire notre dépendance alimentaire ; et va nous permettre aussi de fixer librement, selon les règles d’un libéralisme économique prisé par les grandes puissances dans leurs échanges entre-elles. Pour la seule raison que les pays et grande entité économique que sont les USA, l’Ue et le Japon savent très bien que les matières premières et richesses minières de l’Afrique sont indispensables à leur économie et au monde entier. Je prends volontiers tous les risques en affirmant que si l’UE et les USA et la Chine – dans une moindre mesure – s’arrêtent de caporaliser le marché africain, - une hypothèse quasi-utopique - l’Afrique décollera et se développera à un rythme ultra rapide qui étonnera l’humanité. Et les diplomaties occidentales – qui concourent plus à diviser l’Afrique et les africains - le savent très bien. C’est une perspective que les occidentaux et autres asiatiques ne veulent pas du tout autoriser ou imaginer, mais à laquelle nous africains nous devons penser très fortement.Pour arriver à cette heureuse conclusion, il faudra que les pays africains s’arment des normes internationales en matière de bonne gouvernance, de respect des droits humains, de l’affinement de leur orthodoxie financière et surtout repenser le dialogue social. Il faut en finir avec les grèves sectorielles ou générales qui durent des semaines entières et parfois des mois – bloquant et paralysant toutes les fonctions vitales de nos pays. Et pour ce qui est de l’affinement de l’orthodoxie financière, je suis heureux qu’au Sénégal et au Bénin on parle de façon insistante ces derniers temps de la réduction du train de vie de l’Etat. Et faire voyager nos chers ministres en classe économique, cela ne coucourera t'il pas à dégrader l'image même du pays et à saper le moral des "supers diplomates et ambassadeurs" que sont les ministres?La crise alimentaire, de plus en plus virulente oblige certes à s’imposer une gestion efficace et efficiente des ressources, mêmes publiques, mais on peut éviter l'effet boule de neige et les incidences facondes, je crois.

La valse des étiquettes

 Le phénomène de la flambée des prix pourrait perdurer. Les experts affirment que la hausse actuelle des prix des denrées alimentaires sur les marchés pourrait se révéler structurelle. Certains faits permettent de comprendre pourquoi. En effet, selon les statistiques disponibles, il y a tout d’abord le doublement de la population mondiale entre 1965 et 2005 (nous sommes plus de six milliards sur la terre), alors que dans le même temps, les surfaces agricoles n’ont augmenté que de 9%. Ensuite, il y a le changement des habitudes alimentaires dans les pays émergents comme la Chine et l’Inde, les deux pays les plus peuplés de la planète qui connaissent en ce moment une forte croissance économique. On y mange par exemple plus de viande. Il faut donc plus de bétail et de maïs, de blé et de soja pour les nourrir, et davantage de surfaces cultivées. En troisième lieu, la vogue des biocarburants en Europe et aux Etats-Unis détourne plusieurs matières premières agricoles de nos assiettes. Enfin, la hausse continue des cours du pétrole brut (+140 dollars le baril) entraîne le renchérissement du fret maritime, qui à son tour se répercute sur les denrées transportées par bateau. Conséquence de ces quatre facteurs : il y a une tension très forte entre la demande et l’offre mondiale de denrées alimentaires, ce qui entraîne naturellement la montée des prix. Peut-être !Mais quand on a fini d’analyser les sources, faits et dégâts d’une déstructuration organique et humanitaire du continent africain, peut-on valablement s’autoriser à dire qu’il existe près de 860 millions d’individus sous-alimentés dans le monde, avec un bon pourcentage pour l’Afrique, alors que d'autres mangent et en gaspillent pour vingt ? Cependant, l’enjeu est immense car derrière la crise alimentaire se profile une crise humanitaire plongeant les plus vulnérables dans la malnutrition, la mendicité et la décadence. Nous africains gagnerons à faire bloc pour rejeter tous les accords scélérats qui nous lient ou tendent à nous lier, surtout le dernier : l’APE ; qui ne permettra nullement à la ménagère africaine de remplir son panier et au moyen et petit africain d’accéder à un repas équilibré.L’OMC – si elle veut toujours rester ce haut cadre de régulation du commerce international -  doit impérieusement rappeler à l’ordre les grandes puissances économiques sur l’illégalité et l’indécence de leurs pratiques envers les petites nations démunies qui n’ont pas le gabarit nécessaire  pour se faire entendre dans un face à face, d’interminables et harassantes discussions à l’issue desquelles c’est la raison du plus fort qui est toujours la meilleure. Car, en cette période marquée par la flambée des prix du riz, du soja, du blé (près de 300%), du maïs (plus de 150%), de l'huile de cuisson, du lait et d'autres denrées alimentaires. Les pays africains doivent repenser leur politique agricole – la mettre en commun à certains égards – et leur politique d’importation de produits manufacturés divers et produits pharmaceutiques – en jouant sur la carte de la centralisation des achats, la rationalisation des coûts et de l’optimisation des besoins -.

 

Délier et relever l’Afrique

 Alors chers gouvernants et politiciens africains, c’est bien maintenant sonnée pour vous l’heure de la révolte et de la remise en cause des goulots d’étranglements et des conventions internationales scélérates qui annihilent vos efforts et éprouvent tant vos populations.Il est plus que urgent de sortir de la connivence de l’oppression économique et commerciale imposée au continent africain, par une action concertée de refus collectif et non négociable des conventions économiques et commerciales  asphyxiantes et meurtrières pour les populations. Justement, le président YAYI Boni du Bénin, dont le volontarisme n’est plus à prouver, a eu à prononcer tout récemment avec amertume, face aux affres de la flambée des prix, cette phrase atypique et épique, je le cite : « nous sommes une armée dont les munitions sont terminées » !?!. Tous les Chefs d’Etat de la trentaine de pays africains touchés de plein fouet par la crise alimentaire mondiale pourraient – et peuvent - dire la même chose. Car les origines de la crise qui est venue au bout de leurs efforts sont lointaines, très anciennes. C’est une accumulation d’erreurs et de mésalliances, ce qui remonte depuis les années d’indépendance – depuis les accords de Yaoundé (1963), nous nous sommes – pays africains francophones et anglophones - laissés lier par la France et l’Ue. De Lomé1, 2 à 3, à Cotonou 2000 jusqu’au récent APE. Nous nous sommes laissés abuser et traîner par terre – certains pays ce sont empressé de donner leur accord de signature pour l’APE de manière cavalière, comme si leur destin n’était pas lier au dessein de développement intégré et autocentré de l’ensemble du continent -. De Cotonou à Lomé, d’Accra à Abidjan, de Ouagadougou à Niamey, de Bamako à Dakar, de Douala à Libreville, de Kinshasa à Bangui…. D’une loi d’orientation agricole à une réforme agraire ou foncière, d’une politique de modernisation agricole à une grande offensive agricole nationale (goana, comme au Sénégal)…… Jusqu’à la recherche de nouvelles filières et ressources ….. Qui va penser tous ça à notre place, si ce n’est nous-mêmes ? Qui nous relèvera si ce n’est nous –mêmes, africains ? Et qui développera l’Afrique et avec quoi ? Si ce ne sont ses enfants avec ses propres ressources. Et qui déliera l’Afrique de l'unilatéralisme coalisé, de l'impérialisme, du  néocolonialisme et de tous les accords scélérats?

Guillaume ADOUVI

En partenariat avec  Image