La Nouvelle Tribune

HOLLANDE, l’africain

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Un an après son élection à la Présidence de la République française, François Hollande reste pour l’instant le chef d’Etat de la Vème République, le plus impopulaire.

Son gouvernement et lui sont de plus en plus confrontés à une crise économique internationale persistante, à une montée endémique du chômage, à des vagues de licenciements, à des divisions profondes de la population française sur des sujets de société et idéologiques, mais surtout à une désespérance qui entame le moral de ses concitoyens. La presse française est allée jusqu’à qualifier les membres de son gouvernement « d’amateurs », ce qui en dit long sur l’état d’esprit de la population. L’action qui le gratifie le plus jusqu’à présent reste sa décision d’engager l’armée française pour libérer le Mali des islamistes.

François Hollande un héros, le libérateur d’un peuple opprimé

 Cette décision courageuse était en réalité pour le président Hollande une opportunité pour affirmer enfin son autorité, construire sa stature d’homme d’état et donner du crédit à l’ensemble des socialistes qui commençaient eux-mêmes à douter, face aux critiques de la presse et aux sondages catastrophiques. Elle a été unanimement saluée par toute la classe politique française, y compris par l’opposition, qui avait longtemps exploité les doutes et hésitations du président Hollande pour affaiblir son image d’homme d’Etat. Sur le continent africain, François Hollande est devenu un héros, le libérateur d’un peuple opprimé et d’une sous-région menacée par la propagation de l’islamisme radical. Pour tous les chefs d’Etat du continent et notamment la direction de l’Union Africaine, cette intervention française au Mali a été un véritable soulagement. Confrontés à cette menace islamiste, ils étaient face à un dilemme auquel il n’était pas évident de trouver des solutions adéquates au niveau miliaire, financier et politique.

Nous payons aujourd’hui notre dette à votre égard

Le samedi 2 février 2013, sur la place de l’Indépendance à Bamako, le président Hollande a complètement mystifié les populations africaines et l’opinion internationale en déclarant : « Je veux vous dire que je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique… je n’oublie pas que lorsque la France a été elle-même attaquée, lorsqu’elle cherchait des soutiens, des alliés, lorsqu’elle était menacée pour son unité territoriale, qui est venu alors ? C’est l’Afrique, c’est le Mali. Merci, merci au Mali. Nous payons aujourd’hui notre dette à votre égard. »

On le disait pourtant mou et incapable de prendre une telle décision. Non seulement, il l’a prise, mais il est venu l’assumer publiquement à Bamako en réaffirmant l’engagement de la France aux côtés de africains dans le combat contre le terrorisme en Afrique. En prenant cette décision, soutenue par l’ensemble de la classe politique française, elle était aussi pour défendre les intérêts français et consolider son influence en Afrique. Ce n’est un secret pour personne, la France a d’énormes intérêts économiques dans la région. Notamment au Niger avec l’exploitation de l’uranium et dans d’autres pays où plusieurs grands groupes français exploitent ou gèrent des centrales pétrolières et gazières, des terminaux à conteneurs, des sociétés de constructions et de travaux publics, de télécommunication, d’eau, d’énergie etc.

Hollande, lauréat du prix Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la Paix

Le mercredi 5 juin 2013 à Paris, le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la Paix a été attribué au président François Hollande pour son action en faveur de la recherche de la paix au Mali et par voie de conséquence, dans toute l’Afrique de l’Ouest. Ce prix a été institué par l'UNESCO en 1989 pour « honorer les personnes vivantes, institutions ou organismes publics ou privés en activité ayant contribué de manière significative à la promotion, à la recherche, à la sauvegarde ou au maintien de la paix, dans le respect de la Charte des Nations unies et de l’Acte constitutif de l’UNESCO. »

A travers ce prix, le président français renforce sa dimension internationale, l’influence toujours forte de la France en Afrique, mais peine encore à rassurer la population française dans sa capacité à apporter des solutions à leurs préoccupations immédiates et quotidiennes.