La Nouvelle Tribune

Crise malienne : des raisons de croire aux pourparlers de Ouagadougou

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Dans le cadre du dénouement de la crise malienne, les pourparlers entre les autorités de la transition et les groupes armés du nord ont débuté, samedi dernier à Ouagadougou. Avec un optimisme qui se justifie par bien des paramètres de la crise.

Cessation des hostilités, redéploiement de l’administration générale, des forces de défense et de sécurité au nord du Mali, et en particulier à Kidal, création d’un mécanisme de suivi et d’évaluation comme mesure d’accompagnement, et poursuite des pourparlers de paix après la présidentielle, en vue de l’établissement d’une paix définitive. Tels sont les quatre points essentiels autour desquels se déroulent les négociations inter-maliennes, ouvertes ce samedi à Ouagadougou sous les auspices de Blaise Compaoré, en sa qualité de Médiateur de la Cedeao (Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Ces pourparlers, dont l’enjeu est la présidentielle du 28 juillet prochain, se tiennent entre les groupes armés et autres mouvements du nord (rebellions Touaregs, Mnla etc.) et les autorités politiques intérimaires du pays.

Les regards de la classe politique, mieux de toute l’opinion publique malienne, sont tournés vers la capitale du pays des hommes intègres. Dans leur rang, tout comme dans ceux des observateurs de la crise malienne, on se demande si Compaoré, Monsieur Médiation de la Cedeao, pourrait emmener, dans un très bref délai, les différentes parties à un accord, en aplanissant bien entendu leurs divergences. Mais, il y a des rasions d’être optimistes, quand on tient compte de l’enjeu des négociations et de certains paramètres de la crise. Avec ces paramètres, les différentes parties ont peu de marge de manœuvre et devront aller à un accord. 

Au nom de la crédibilité et du pactole

A Ouagadougou, le tout va se jouer autour du redéploiement de l’administration et surtout des forces armées régulières à Kidal. Ce qui sera le symbole de la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, notamment à Kidal, le bastion historique du mouvement rebelle du Mnla. La bonne nouvelle donc,  c’est que ces négociations ne se tiennent pas sur la question très délicate et cruciale du statut de l’Azawad. Tant qu’il ne s’agira pas de cette question du statut de l’Azawad, si chère aux groupes rebelles Touaregs, on pourrait s’attendre donc à un peu de flexibilité de la part de ces mouvements, et mêmes des autorités de la transition. En fait, Il est évident, que la question de l’intégrité territoriale est non négociable aux yeux des « hommes » de la transition malienne, notamment le Président Dioncounda Traoré. Et comme à Ouagadougou, il ne s’agira pas de discuter de l’auto-détermination ou non de l’Azawad, il n’y a pas matière à redouter trop de positions foncièrement tranchées.

En plus, la rébellion est l’un des principaux facteurs ayant favorisé l’entrée des Djihadistes au Nord-Mali.  Une entrée Djihadiste qui a d’ailleurs suscité la mobilisation, derrière le Mali, de la communauté internationale, avec la France en maître d’orchestre. Vu l’effort et la mobilisation, le vœu de cette communauté internationale est que le volet politique de la question, qui est relative aux négociations inter-maliennes, soit réglé. Les mouvements touaregs, quoique soupçonnés d’avoir le « soutien » de la France, ne voudraient pas donc être vus comme l’obstacle sur le chemin de la paix, déjà balisé par la communauté internationale. Il y va de leur crédibilité. Tout comme les mouvements rebelles du nord, les autorités de transition qui ont retrouvé depuis janvier une certaine légitimité, après plusieurs mois de « contestation » et « polémiques » ne voudraient pas tomber en disgrâce.

Aussi, il y a un pactole de 3,25 milliards de promesses des donateurs en attente. Il s’agit bien évidemment de ressources mobilisées lors de la conférence des donateurs pour le Mali tenue à Bruxelles le 14 mai. Et l’une des conditions sine qua non pour que ces fonds mobilisés pour le développement du mali soient débloqués est, bel et bien la tenue de l’élection présidentielle de juillet, en vue de doter le pays d’autorités régulièrement élues, investies par conséquent de plus de légitimité. L’argent va profiter à tout le monde. Par conséquent, ni Bamako, ni Kidal ne voudrait gâcher cette opportunité.

Au finish, il y a la qualité même du Médiateur. Blaise Compaoré a déjà fait ses preuves de bon médiateur dans la sous-région ouest-africaine. Si l’homme a foiré lorsqu’il était question de ramener à la raison Ansar Eddine et Consorts, il a eu bien d’autres succès auparavant. Compaoré a à ses actifs ses succès dans les crises togolaise, ivoirienne et guinéenne. Le souhait, c’est qu’il puisse aussi compter le Mali parmi ses lauriers. Et pour le bonheur de tous les Maliens.