La Nouvelle Tribune

Côte d’Ivoire : le Rhdp, la fin ?

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La dissension entre partis de la coalition, Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix  (Rhdp), au pouvoir depuis avril 2011, est de plus en plus grande.

Et avec, les contestations des résultats des élections locales et régionales de dimanche dernier entre candidats Rhdp, on se demande si c’est la fin de la lune de miel entre le Pdci et le Rdr.

Les élections locales et régionales du 24 avril dernier vont-elles sonner le glas de la coalition Rhdp ? C’est bien la question que se posent nombre d’observateurs de la vie politique ivoirienne. S’il serait trop imprudent de répondre par l’affirmative, les relations tendues qu’entretiennent les deux partis composant la coalition (le Parti démocratique de Côte-d’Ivoire (Pdci) de l’ancien Président Henri Konan Bédié et le Rassemblement des républicains (Rdr) du Président Ouattara) n’écartent guère cette possibilité.

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En effet, les résultats des élections législatives de 2012 avaient déjà creusé un fossé entre les deux partis. Le Pdci n’ayant pas digéré sa grosse défaite. Et, avec les résultats des locales et régionales en faveur, une fois encore du Rdr, et les contestations entre candidats Pdci et Rdr, comme ce fut le cas à Yopougon et Koumassi, les dissensions se font de plus en plus grandes, et l’émiettement de la coalition de plus en plus proche.

Le Rhdp, un monstre politique bien fragile

Si le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix est la coalition politique qui a conduit le Président Ouattara au pouvoir lors des élections de 2010, elle est bien un monstre fragile. Le régionalisme est d’abord la première faiblesse de cette coalition. Les Baoulés, ethnie de l’ancien Président Bédié, ne se sont jamais entendus avec les Dioulas, favorables à Alassane Ouattara. En plus, le Rhdp est une coalition de circonstance. Elle est née de la volonté des deux anciens protégés du Président Houphouët Boigny de reprendre le pouvoir. Donc, pas sur des bases idéologiques, mais plutôt sur des bases intéressées. Et à tout cela, s’ajoute le passé entre Bédié et Ouattara. Qu’il vous souvienne qu’au décès du «vieux» en 1993, les deux hommes se sont menés une guerre pour sa succession.  Avant que l’épineuse question à polémique de l’Ivoirité ne creuse encore plus l’écart entre les deux hommes politiques autrefois du même bord.

C’est dire que des précédents existent entre ces deux partis, et il ne serait pas étonnant qu’avec le boycott des consultations électorales par le Front populaire ivoirien (Fpi), parti de l’ancien Président Gbagbo, que la guerre électorale qui se résume entre ces deux partis et des indépendants, conduise à la rupture.