La Nouvelle Tribune

Ces messieurs qui s’enrichissent sur le dos du Peuple!

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Ce mercredi 17 avril 2013, Karim Wade a été inculpé et mis sous mandat de dépôt pour enrichissement, après son interpellation très médiatisée du lundi précédent.

De quoi faire sourire ou faire enrager, selon l’humeur, des autres membres de cette corporation très importante en Afrique : « Quel amateur », pourraient-ils s’écrier, alors que les montages dont nous parlons, avec le fils Wade sont dignes des thrillers les plus osés. Car, en effet, ici, des gens font beaucoup plus, sans être jamais inquiétés. ceux-là qui sont censés  nous servir, nous le Peuple, mais qui préfèrent se servir et se remplir les poches. « L’argent, moi j’encaisse, je laisse rien dans la caisse », comme dirait le groupe Bisso Na Bisso, pour montrer le nouveau slogan, tout à fait entre nous, de ces politiciens qui se retrouvent tous millionnaires ou milliardaires, en euros ou en dollars s’il vous plaît, pendant que le Peuple peine à s’en sortir, avec moins d’un millier de dollar. Ces messieurs qui s’enrichissent sur le dos du Peuple ! Radioscopie d’un phénomène très africain, en voie d’exportation…

En Afrique, une nouvelle ruée… vers la politique!

Ici, les ministres se succèdent au gouvernement, leurs fortunes aussi, dans les banques… S’il est un chemin d’or pour s’enrichir rapidement dans nos contrées, c’est bien la politique. C’est ce qui motive nombre de cadres à se ruer vers ce « secteur très porteur », selon les dernières statistiques très officieuses.

Vous prenez au hasard sept ministres d’un gouvernement africain, à titre d’expérience. Dans cinq cas sur sept, vous constaterez sûrement un enrichissement notable des intéressés, en comparant leur patrimoine, avant leur prise de fonctions, et après.

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Cette comparaison très empirique, n’est que la partie émergée de l’iceberg, c’est-à-dire la part légale et avouable de la fortune, colossale pour certains, amassée en l’espace de quelques années, voire de quelques mois.

L’autre part, celle qui échappe à toute mesure, mais dont tout le monde peut vous parler, de sources sûres, la part issue des manœuvres illicites, des détournements et autres pots de vins, celle qui dépasse de loin la part visible, comme pour l’iceberg, n’est pas moins colossale, sinon plus…

Mode opératoire de l’enrichissement illicite!

On n’a pas besoin d’être expert en enrichissement illicite pour connaître, au moins un peu, le mode opératoire des « rapaces politiques ». Au moins assez pour vous en donner un aperçu.

Alors comment procèdent-ils pour amasser toutes ces fortunes, à notre nez et à notre barbe ? Voici quelques chemins pour « candidats potentiels à l’enrichissement illicite et aux geôles de la République » :

Ainsi, on s’enrichit sur le dos du Peuple par :

1) Les détournements et transferts massifs de fonds occultes vers les paradis fiscaux ;

2) Les montages financiers par sociétés-écrans et hommes de paille interposées ;

3) Les surfacturations scandaleuses (le mode le plus commun) et le trucage des marchés publics attribués complaisamment à des sociétés partenaires ;

4)  Les montages rocambolesques de certains « projets très budgétivores » qui ne verront jamais le jour, car toujours en étude, pendant que des millions sont payés à des « experts » choisis avec grand soin, parmi les frères et les amis ;

En bref, le Peuple connaît tout ça, même s’il laisse la gangrène continuer de pourrir le membre, tant que le phénomène n’atteint pas des sommets himalayens Comme celui de la fortune du fils Wade, estimé à plus d’un milliards… d’Euros!

Qu’a-t-il donc produit en si peu de temps, une douzaine d’années au pouvoir dans l’ombre de son père, pour gagner autant d’argent ! Quel appétit pantagruélique ! Il n’y a pas d’autre mot assez « correct » pour qualifier l’acte.

Tout ceci à la faveur de l’économie des ténèbres!

Le cas du fils Wade qui a pu accumuler plus d’un milliard d’euros, n’est que la version « occidentalisée » du phénomène. En effet, dans sa « version locale », le phénomène est beaucoup plus nocif, car laissant peu de traces visibles pour des vérifications de patrimoines ou autres enquêtes sur enrichissement illicite.

Dans nos contrées, il est courant de rencontrer certains messieurs, politiques et hauts fonctionnaires, « se balader » chaque week-end avec des enveloppes remplies à craquer de billets de banque « craquants à souhaits », destinés à disparaître dans les soutien-gorge des jeunes filles qualifiées ou dans les « gaspillages festifs » lors de cérémonies improvisées ou prévues de longue date.

En outre, l’économie parallèle est tellement prompte à délester ces « chers messieurs » de leurs poids en billets de banque, que l’argent n’a aucune chance de passer par la banque, au moins pour la traçabilité. Des billets de banque flambant neufs, qui n’ont aucune origine, ni aucune destination, à part la nébuleuse du marché noir. L’on se demande parfois si ces billets ont au moins un numéro officiel… Et pourtant ce n’est pas de la fausse monnaie.

Ne cherchons surtout pas. Car, dans la vraie politique africaine des renards et des vautours, ceux qui délestent le Peuple de ses revenus ne sont pas aussi visibles que le fils Wade, ils sont ailleurs !

D’où notre mise en garde, en guise de conclusion

Chers «amis politiciens», comprenez qu’en fin de compte, le Peuple est comme une «Dame de Cœur» qui vous a confiés un mandat de gestion de ses biens. Vous avez beau la tromper tous les jours par vos indélicatesses… Mais, un beau jour viendra où c’est elle qui vous jettera dehors comme des «chiens galeux», parce que vous vous êtes conduits comme «des pauvres petits vaniteux avides»!

Et c’est ce jour qui est arrivé pour Karim Wade, ce fils qui doit bien faire la honte du père, sauf s’il a, lui aussi, quoi que ce soit à voir dans les montages du «bon fils»!