La Nouvelle Tribune

Mécanisme africain d’évaluation par les pairs

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Les insuffisances du processus au Bénin
L’Infosec de Cotonou a servi de cadre lundi dernier à la présentation du rapport sur le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep) par le professeur Gilles Badet, soutenu par  l’Osiwa (Open society for west africa). Il a fait une évaluation critique du processus de ce système au Bénin. C’était en présence de plusieurs d’intellectuels béninois.

Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep) est un instrument auquel adhèrent volontairement les pays africains pour faire une autoévaluation de la bonne gouvernance par les nationaux. Après leur œuvre, des missionnaires africains viennent à leur tour dans le pays pour faire leur propre rapport pour infirmer ou confirmer le travail fait par la commission indépendante nationale composée de nationaux. A l’instar de certains pays africains, le Bénin a adhéré au processus s’autoévaluation puis d’évaluation du Meap en signant le 31 mars 2004 le mémorandum d’entente qui a établi le mécanisme au niveau continental.
Mais selon le professeur Badet, la mise en œuvre de ce processus au Bénin a connu des difficultés sur plusieurs plans. Selon l’auteur du rapport, le processus d’autoévaluation a commencé dans certaine confusion due aux nombreuses insuffisances administratives de la structure chargée de sa conduite. A ce niveau, il a noté le retard dans le décaissement des fonds et certaines difficultés de collaboration entre le coordonnateur national et le président de la commission nationale. Dès lors, Gilles Badet a indiqué que l’insuffisance en moyens financiers a également eu un impact négatif sur la qualité du travail de terrain, d’après l’opinion générale des acteurs du processus. Il a aussi fait comprendre qu’il y a eu des difficultés d’accès aux résultats de l’autoévaluation et de l’évaluation. Selon son rapport, alors que le processus est considéré comme participatif, les résultats de l’autoévaluation n’ont pas été rendus disponibles et aucun centre d’information ou de documentation ne serait-ce que sur le processus du Maep n’a été prévu, même si le Pnud-Bénin a consacré un numéro de son magazine à la mission d’évaluation.
Il faut noter que l’Osiwa, créée en 2000, fait partie du réseau mondial des fondations autonomes de Georges Soros. Elle œuvre à l’avènement de sociétés ouvertes et en faveur de la démocratie, la bonne gouvernance, l’Etat de droit, les libertés fondamentales et la participation du plus grand nombre à la prise de décisions. Elle intervient dans 18 pays dont 15 sont membres de l’Afrique de l’Ouest auxquels s’ajoutent le Cameroun, la Mauritanie et le Tchad. Elle est basée à Dakar.

Jules Yaovi MAOUSSI