La Nouvelle Tribune

Tunisie, Egypte, Lybie: du printemps à l'hiver

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Le printemps arabe tant acclamé semble s'éterniser. De révoltes en révoltes, les peuples, courants réligieux semblent s'opposer plus que jamais. La Tunisie, symbole et premier pays à s'y adonner s'enfonce petit à petit dans le chaos.

L'heure n'est plus à l'acclamation au Maghreb. Les visages se crispent, les langues se délient, et les divisions se renforcent. Voilà en substance ce qui se passe dans certaines régions de l'Afrique du nord. La Tunisie est au bord du gouffre. Les tensions entre les différents courants islamiques se renforcent.

D'un côté les islamistes dits radicaux qui veulent imposer un état islamique qui fera respecter les principes rigoureusement: port du voile, destruction des mausolées et j'en passe. D'un autre, les modérés, qui veulent que leurs femmes continuent de garder la liberté de porter ou non des voiles, des jupes et qui veulent continuer à vivre leur islam de façon modérée. L'assassinat il ya quelques jours d'une figure de l'opposition politique n'a pas arrangé les choses (Tunisie: Carton jaune aux Islamistes de Ennahdha). Désormais tout le monde veut en découdre. Le fragile consensus issu de la fuite de l'ancien président Ben Ali ne tient plus. Les marginalisés d'hier (les radicaux) ne veulent plus se laisser compter la politique de leur pays. Les favorisés d'hier rêvent quant à eux de garder leurs anciens droits avec de nouveaux avantages.

L'egypte quant à elle reste sous la coupe des militaires, qui commencent à nouer des aliances avec le pouvoir islamisque. Le même scénario de divergences de points de vue religieux qui opposent les antagonistes tunisiens trouve également son compte dans le pays.

Quant à la Libye, elle ne retrouvera peut-être pas la paix tant convoitée lors du règne de Khadafi de si tôt. Véritable fournisseur de bandes armées et jihadistes dans le sahel, la Libye n'est plus le havre de paix qu'elle était. La grande discussion qui a lieu en occident sur le pays tourne autour de: "fallait-il laisser mourir les peuples de Benghazi, pour sauver le sahel?". La plupart des ex-ministres de l'époque répondent par la négative. Mais la vraie question est: "Ne fallait-il pas trouver un autre moyen pour contraindre les différents protagonistes de l'époque à discuter, au lieu de choisir la voie de l'assassinat de Khadafi?" Réponde qui pourra!