La Nouvelle Tribune

Mali : à Kidal, les maliens craignent une connivence entre les islamistes et les rebelles du MNLA

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La guerre est-elle finie au Mali? Avec la déroute des islamistes, la fuite des différents leaders, la question se pose plus que jamais. Mais un événement est en train de remettre en question cette fin prochaine à un moment où la France s'apprêterait à passer la main aux soldats de la MISMA.

Cet événement n'est rien d'autre que la prise de la ville de Kidal par les rebelles du MNLA profitant de la fuite des islamistes de la ville. Fuite que certains maliens et stratèges militaires ont du mal à croire. En effet, il faudrait rappeler ce qu'est la ville de Kidal. Kidal est le fief de Iyad Ag Ghaly, chef de ansar dine, désormais en fuite et activement recherché par les militaires maliens, qui l'accusent de destabilisation du pays et les militaires français qui voient en lui un des commanditaires de la prise d'otages français. 

Iyad Ag Ghaly a longtemps été l'un des personnages incontournables du nord du Mali en général et de Kidal en particulier. Sa fuite de Gao ne peut le conduire que vers Kidal, ou vers les zones montagneuses du nord du pays. Qui peut dès lors garantir que la ville de Kidal est entièrement libérée si, certains hommes armés, fussent-ils du MNLA font encore la loi dans cette zone? D'autant plus que le MNLA avait, il ya de cela quelques mois lié un partenariat avec les islamistes d'ansar Dine, qui étaient eux même liés à Aqmi.

Rappelons aussi que les islamistes d'Ansar Dine sont également touaregs. Comment faire la distinction entre un touareg armé du MNLA et un touareg islamiste? On apprend que les autorités françaises souhaitent qu'il yait un dialogue entre toutes les composantes du Mali, y compris celles armées qui reconnaitraient l'intégrité du Mali.

Le MNLA ne reconnaît pas l'intégrité du Mali. La seule solution avant tout dialogue (qui bien évidemment s'avère nécessaire) serait le désarmement des troupes du MNLA, faute de quoi, le pays tomberait dans un chaos semblable à celui de mars 2012 dès le départ des troupes françaises. 

La crainte d'une vengeance des populations noires

Les autorités du pays et celles des villes libérées n'ont de cesse de rappeler aux populations que la vengeance doit être proscrite. Mais dès l'arrivée des premiers militaires maliens et français à Tombouctou, les populations riveraines ont pris à partie les populations arabes et touareg, pour la plupart des commerçants qui ont pactisé avec les islamistes, soit en leur cédant gites et couverts, soit en étant leurs exécutants dans les plus basses besognes.  Un grand travail de réconciliation nationale doit être fait, et un méticuleux ratissage des régions du nord entrepris en vue de sa sécurisation.