La Nouvelle Tribune

France : le fils de Biya accusé de détournements par une association de la diaspora

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L’association One Cameroon Movement (OCM) a déposé une requête auprès de l'office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) de France. Elle accuse le premier fils du président camerounais, Franck Emmanuel Biya, de posséder illégalement sur le territoire français une partie de la fortune de l’Etat camerounais.

Cette organisation de la diaspora demande ainsi l'ouverture de recherches sur de supposés biens mal acquis de l'intéressé en France, et plus particulièrement à Monaco, sous des noms d’empreint. Selon l’association OCM, différentes investigations, ainsi que des informations recueillies par différents observateurs, ces dernières années, ont pu établir la preuve, ou en tous les cas la très grande probabilité, de la détention sur le territoire français de plusieurs biens immobiliers parfois d'une très grande valeur par Franck Emmanuel Biya, et en tout cas par certains membres de la famille Biya.

L’association rajoute qu’outre les détournements de la fortune publique camerounaise, Franck Emmanuel Biya possèderait à Monaco un Bugatti Veyron, une Maserati MC12, une Ferrari Enzo, des véhicules coûtant presque deux millions d'euros l'unité et qui ont pu être acquis au moyen de détournements de fonds commis au préjudice de l’Etat camerounais. OCM suggère même la perquisition de la Villa Isis, sise à l'avenue Douine à Roque Brune Cap-Martin dont Franck Biya est le légitime propriétaire. Pour eux, Officiellement, la villa est au nom de ‘l'Immobilière du Sud Azur’, une société au capital de 1000 euros sise promenade des Anglais à Nice, dont le gérant n'est autre qu'un certain Emmanuel Biya le second prénom de Franck Biya.

C'est la deuxième fois en quelques semaines que l'aîné du chef de l'Etat camerounais est ainsi officiellement cité dans une affaire de distraction d'enrichissement illicite. En novembre dernier, l'Alliance pour la défense du bien public, une association non légalisée, avait accusé le même homme d'avoir, dans une opération de titrisation de la dette intérieure de l' Etat vis-à-vis des entreprises publiques Cameroon Telecommunications (CAMTEL) et la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), encaissé sur la base d'une spéculation financière féérique opérée sur des bons du Trésor obtenus auprès du ministère de l' Economie et des Finances et baptisés Obligations du Trésor à coupon zéro (OTZ), près de 100 milliards FCFA. Le Front social démocratique (SDF), premier parti de l'opposition parlementaire du pays, a demandé l'ouverture d'une enquête sur ces prétendues malversations financières. Selon les proches du pouvoir toutes ces dénonciations sont l’apanage d’anciens membres du gouvernement écroués dans le cadre des opérations en cours contre les détournements de fonds publics.