La Nouvelle Tribune

Vague de contestation anti-américaine : les Etats Unis et l’échec de la lutte contre le terrorisme

Espace membre

Combien faut-il de temps pour proclamer ou reconnaître-tout au moins -l’échec d’une politique ? 

Si après onze ans de guerre contre le terrorisme, un navet cinématographique de 13 minutes déclenche une insurrection populaire aussi violente brutale contre les Etats Unis, ceux-ci doivent se poser mille et une questions sur l’efficacité de leur politique de lutte contre le terrorisme.

Il a suffi d’un petit film de 13 minutes balancé sur youtube pour enflammer le monde musulman.  De Tripoli à Zinder en passant par Tunis, le Caire, Islamabad, Karachi, Kaboul, Khartoum… les populations musulmanes d’Afrique et d’Orient ont tous dénoncé et désapprouvé une profanation de leur religion par ce film produit et financé aux Etats Unis. Les manifestations ont parfois été très violentes dans certains pays  où elles ont conduit à des décès. Partout, la haine anti-américaine a été le moteur des soulèvements. Il suffit de prêter un peu l’oreille aux jurons des manifestants et à aux nombreuses cérémonies où sont incinérés drapeaux et posters du président Barack Obama qualifié de criminel, de mécréant qui conduit une politique de dénigrement de l’islam n’a aucune considération pour le prophète Mohamed.  Alors que Barack Obama est voué aux gémonies par ces populations hystériques, c’est Oussama Ben Laden qui lui ravit la vedette. Dans certaines capitales, on n’a pas hésité à brandir ces photos. Pourtant, depuis Mai 2011, les Etats Unis pensaient si bien faire en exécutant ce terroriste, auteur présumé de l’attentat du 11 septembre par un commando de la Marine américaine partie nuitamment pour Abottabad, cette banlieue d’Islamabad où le numéro un d’Al Qaïda s’est installé et vit dans la discrétion depuis des années. Les Etats Unis croyaient ainsi avoir réussi à décapiter cette organisation et donc à l’affaiblir complètement. Pourtant, depuis les guerres enclenchées contre les bases de l’organisation dans le Waziristan où se trouveraient ses faucons et ses barrons, elle a perdu une grande capacité opérationnelle. Au fil des ans, l’organisation s’est éclatée en petits succursales qui occupent le terrain et agissent dans diverses régions du monde.  En dehors du Pakistan et de l’Afghanistan, on le retrouve  au Yémen, au Maghreb, en Indonésie  où elle est très active. On la retrouve aussi en résidus en Europe, au Nigéria et dans certains pays de l’Asie.

Réarmement idéologie contre canons

Depuis le 11 septembre 2001, les Etats Unis et leurs alliés sont en guerre contre le terrorisme. Ils sont au Pakistan, en Afghanistan, en Iraq et au Yémen. Ils y ont englouti des milliards et perdu de braves soldats sur les champs de bataille. Depuis Mai 2011, Ben Laden est mort. Pourtant, les poseurs de bombe, les kamikazes qui se ceinturent d’explosifs avant d’aller se faire exploser dans les lieux publics sont toujours actifs. Lorsqu’on en tue un, il en a toujours un autre pour continuer la même œuvre barbare, avec la même violence. En plus de dix ans de combat contre l’Al Qaïda et les autres organisations terroristes, les Etats Unis ont tué beaucoup de terroristes mais ils n’ont  pu gagner la guerre contre ce qui fonde leurs actions : l’idéologie de l’islam révolutionnaire et du terrorisme. Les appelés au Djihad se hâtent toujours vers les camps de formation et de conditionnement spirituel. Dans les madrasas de Karachi, de Peshawar, d’Islamabad, la pépinière du djihad recrutent à tour de bras au sein des mômes auxquels sont inoculées à dose homéopathique les notions basiques de l’islam révolutionnaire et de l’idéalisme musulman considéré comme la seule religion qui conduit au vrai bonheur  et la vie éternelle telle que prédite par le prophète Mohamed. Dans ce combat contre le terrorisme, les Américains ont semblé oublier l’essentiel : l’idéologie qui porte le terrorisme et qui, hélas vole de pays en pays et fait toujours des émules auprès des jeunes générations.