La Nouvelle Tribune

Mauritanie : attentat manqué contre l'ambassade de France

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Un attentat vient d’être déjoué à l’ambassade de France à Nouakchott. Paris, qui soupçonne Aqmi, craint désormais d’autres attaques, y compris sur le sol français. Et le danger que représentent les islamistes sahéliens est désormais pris très au sérieux.

L'ambassade de France à Nouakchott (Mauritanie) était visée par un attentat. «La menace a été neutralisée à un stade avancé», affirme une source sécuritaire française, sans révéler les détails de l’attaque. Et Aqmi, qui détient toujours six otages français, «fait peser une menace directe et immédiate sur les intérêts diplomatiques et économiques français dans la région», ajoute cette même source.

Le discours a changé. Finis les palabres, orchestrés par Blaise Compaoré, le président burkinabé, qui, depuis des mois, ne débouchaient sur rien. A l’Elysée, on a pris conscience du danger Aqmi, qui fait désormais partie des dossiers prioritaires du président. On n’exclut plus que l’organisation terroriste frappe un jour sur le sol français, via les réseaux maliens très implantés dans l’Hexagone.

C’est pourquoi, on entend siffler, le plus vite possible, la fin de la récréation en anéantissant militairement les islamistes sahéliens. Mais, comment s’y prendre sans froisser les susceptibilités des uns et des autres. C’est là que les choses se compliquent.

Aqmi, un vrai danger

Aqmi, et ses satellites Ansar Dine et Mujao, ne représentent que quelques centaines de combattants bien armés dont les rangs grossissent au fil des semaines. Les prises de Tombouctou et Gao ont été réussies avec une centaine de djihadistes décidés, face à une armée malienne qui avait pris la poudre d’escampette. On estime qu’au départ de leur aventure, ils n’étaient qu’une quarantaine.

Les services de renseignements français notent avec inquiétude que le groupe terroriste a établi des connections avec les Nigérians de Boko Haram, mais aussi avec des Toubous tchadiens, des Somaliens, des Libyens. Le commando de Benghazi qui a coûté la vie à l’ambassadeur américain, comptait dans ses rangs plusieurs Maliens.

On relève aussi plusieurs déplacements suspects dans la région contrôlée par Aqmi d’individus venus du Sénégal, du Burkina Faso et même du nord de la Côte d’Ivoire. Les «fous de Dieu» étendent donc leur zone d’influence et tissent leur toile.

Ils possèdent probablement des missiles sol air venus de l’ex-armée libyenne mais il n’est pas sûr qu’ils disposent de la formation et de la technique pour se servir de ce matériel très sophistiqué. Ils sont ravitaillés en carburant et en nourriture par des circuits venant du nord du Sahara et empruntant en grande partie des routes algériennes.

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