La Nouvelle Tribune

Crise sociopolitique au Mali : enfin un gouvernement d’union nationale

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Cette fois-ci, ce n’est pas une fausse alerte. La liste du gouvernement d’union nationale annoncée et reportée plusieurs fois au Mali a été enfin rendue publique lundi dernier dans l’après midi.

Ils sont au  total trente et un (31) à  bénéficier  de la confiance du premier ministre malien Cheick Modibo Diarra et de son chef, le président  de transition Dioncounda Traoré, pour avoir été nommés ministres dans le gouvernement d’union nationale recommandé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao).  Comme mission, ils auront à  récupérer le nord du pays et organiser les élections à temps pour rétablir la transition démocratique.  La liste a été rendue publique ce lundi 20 Août par le premier ministre Modibo Diarra qui s’est empressé lui-même, d’après la presse locale, pour aller annoncer la ‘’ bonne nouvelle’’ aux hommes des médias. En effet, le nouveau gouvernement d’union nationale présente des particularités et des innovations par rapport à l’ancien. La première des particularités est le nombre de portefeuilles ministériels. En effet, ce gouvernement compte désormais 31 membres contre 24 pour le gouvernement défunt. Au nombre des innovations, la création du Ministère des affaires religieuses et des cultes. Cette nouvelle équipe comporte toutes les sensibilités politiques maliennes. Pour preuve, on peut citer le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie (Fdr), un mouvement anti junte et la Convergence des organisations patriotiques du Mali (Copam), une organisation proche du capitaine Sanogo. Seul le Sadi, le parti d’Oumar Mariko, affirme ne pas être membre de la nouvelle équipe. Sur les 31 membres du nouveau gouvernement, 18 faisaient déjà partie de l’ancienne équipe. Il s’agit notamment du Général Tiéfing Konaté à la protection civile, Moussa Sinko Coulibaly à l’administration territoriale, le Colonel Yamoussa Camara à la Défense, tous proches du capitaine Sanogo chef de l’ex junte militaire. Tiéna Coulibaly conserve le ministère de l’Economie et des Finances. Quant au magistrat Malick Coulibaly, il garde son portefeuille de la justice.  La défense, la sécurité intérieure et l’administration territoriale sont toujours aux mains des forces armées de sécurité. Certains départements ministériels ont été scindés à l’image du ministère de la Poste, de la communication et des nouvelles technologies qui devient celui de la communication d’une part, de la poste et des nouvelles technologies d’autre part.

Quelle  suite pour  le  feuilleton malien?

 

Le Groupe de contact sur le Mali, lors de sa deuxième réunion tenue à Ouagadougou le 7 juillet dernier, avait pris  trois décisions principales pour aider le Mali à sortir  de son état critique.  Au nombre de celles-ci, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale par le président de la transition et son premier ministre, l’intervention militaire de la Cedeao dans le pays pour sécuriser les institutions de la République. Malgré le grand retard accusé dans la mise en place du gouvernement d’union, le président  Dioncounda Traoré peut déjà pousser un ouf de soulagement. Mais il est à noter que le plus dur reste à venir.   Ces différentes sensibilités pourraient-elles s’entendre jusqu’au terme de la transition? La grande question est là, sans oublier l’épineuse question de l’occupation du nord du pays. Cette question devrait être résolue par l’intervention militaire de la Cedeao.  Mais ce n’est plus un secret pour personne qu’elle est  plus que contestée par les parties politiques maliennes. Le nouveau gouvernement a alors du pain sur la planche car ce n’est pas pour demain le bout du tunnel.