La Nouvelle Tribune

Difficulté de formation d’un gouvernement d’union nationale : la transition malienne compromise

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Attendu depuis le 31 juillet dernier, le gouvernement d’union nationale au  Mali peine à prendre corps. Et la feuille de route proposée par le groupe de contact de la Cédeao, ne semble pas du goût des Maliens qui l’ont rejetée. Situation embarrassante pour la Cedeao qui pourrait faire naître de nouvelles crises.

Atermoiements.

31 juillet 2012. C’était la date butoir fixée au gouvernement de transition politique malien par la cedeao pour mettre en place un gouvernement d’union nationale. Seule condition incontournable pour le Mali, selon le Groupe de contact sur le Mali, lors de sa deuxième réunion tenue à Ouagadougou le 7 juillet dernier, de connaitre une période transitoire sans un  autre coup de force.   Ce  délai  a expiré sans que, le premier ministre Modibo Diarra et le président Dioncounda, fraîchement sorti de sa convalescence, ne soient prêts ; ils ont bénéficié d’une autre période de grâce de dix jours  qui a aussi expiré le vendredi 10 Août dernier. La date du lundi 13 août 2012 annoncée pour, lors du mini-sommet de la Cédeao sur le Mali, qui s’est tenu à Accra, en marge des obsèques du président ghanéen John Atta Mills, n’a été qu’une nouvelle fausse alerte. Et sur le terrain, toujours rien. Du moins, le dimanche 12 Août, le premier ministre  Modibo Diarra déchargé entre- temps par son chef, le président Dioncounda, de mener les consultations pour la formation du gouvernement tant attendu à l’intérieur du pays que par la communauté internationale a été  de nouveau commis à cette tâche , sans autre explication. Cependant, selon les instructions de l’ancien président du parlement malien, les  Partis politiques et organisations souhaitant être associés à la formation du nouveau gouvernement ont été exhortés à se faire connaître jusqu’ au soir du 14 août dernier.  Mais c’est sans compter avec l’adhésion  de la majorité des formations politiques maliennes qui n’ont pas été aménagées sur les modalités de la formation de ce gouvernement.  Conséquence, c’est une crise de confiance totale, susceptible de compromettre la mise en place de ce gouvernement d’union nationale qui conditionne le retour à la stabilité politique et sociale de ce pays, qui s’est installée. Et ceci,  sans évoquer les contestations tous azimuts de la majorité   des forces politiques et une partie de la société civile qui s’opposent à une intervention militaire de la Cédeao visant à sécuriser les institutions maliennes. 

Quels objectifs? 

Au vu de toutes ses tergiversations parsemées de décisions sans queue ni tête du gouvernement de transition politique malien, l’on se demande à quoi s’attendre les jours à venir et vers où conduira la transition  du président  Dioucounda Traoré et de son premier ministre,  Cheick Modibo Diarra.  En tout cas pour l’instant, cette transition n’a rien accouché de bon. Et le vent qui souffle n’augure rien de paisible dans ce pays au Nord désertique partagé entre plusieurs groupes terroristes voulant, chacun instaurer son hégémonie , sous le couvert de la religion.  Avec l’existence dans Bamako, de plusieurs petits groupes de jeunes auto proclamés «Patriotes», une nouvelle crise pointant déjà son nez, sera d’une violence sans précédent, si l’on n’y prend garde. Elle risque d’être pire que les misères faites aux populations du Nord-Mali par les groupes islamistes.