La Nouvelle Tribune

Cameroun : un sous-préfet convoque tous les sorciers de sa région pour mettre fin à un mystérieux délestage

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En Afrique, l’irrationnel et le mystique prennent une part de plus en plus importante dans la gestion des affaires publiques. Au Cameroun, les autorités politiques sont allées très loin au point de solliciter et même d’intéresser des sorciers afin qu’ils aident  la société distributrice de l’énergie électrique à rétablir la  lumière.

Il y a eu un drôle de réunion à Moloundou le 04 avril dernier. Ce jour- là, le sous- préfet de l’arrondissement  Avom Dang  convoque tous les sorciers et les chefs traditionnels de son ressort territorial. L’occasion en valait-il la peine ? Oui. En effet, après les pannes répétitives de groupes électrogènes qui produisent le courant dans la localité, il a fini par comprendre que ce n’est pas une affaire des techniciens mais qu’il faut aller chercher les raisons de ces pannes sur le terrain de l’irrationnel. C’est ainsi qu’il décida de convoquer toutes sorcières du coin.  Au cours de la réunion, il les contraint habilement à agir pour faire revenir le courant électrique. Après un acharnement mystique, les groupes reprennent service alors que plusieurs techniciens chevronnés ont essayé en vain de les faire fonctionner.  Mais pour ramener ces sorciers  à la bonne cause et obtenir leur soutien pour le futur, il leur a promis des présents.  Il a alors adressé la liste de ces présents au directeur de l’Aes-Sonel pour l’aider à régler ce problème. Il s’agit d’une longue ordonnance composée de 13 points issue du chapelet de doléances des sorcières. Elles ont affirmé au cours de cette réunion que si la société Aes-Sonel a autant de problèmes c’est parce qu’elle n’a pas, d’une part, inauguré officiellement ses installations, d’autre part,  à cause de la présence de la haute tension qui les oblige à procéder à l’atterrissage de leur avion mystique à Nguilili à 17 km de là et de faire le reste du trajet en louant des motos, ce qui leur coûte cher alors qu’ils n’ont pas de moyens. Drôle de réunion. Surtout que ça ne fasse pas école ailleurs.

Voici la lettre du sous-préfet