La Nouvelle Tribune

Le collecteur XX d’Agla transformé en un étang pour pisciculture

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Le collecteur XX qui traverse le quartier Agla, situé dans le 13ème Arrondissement, ne sert plus à désengorger et canaliser  les eaux de ruissèlement, mais à la pisciculture et à la sylviculture. Ceci pour défaut d’assainissement par la Municipalité, ajouté à l’incivisme de certains habitants du quartier. 

Bocal contenant des vers de terre à côté, les mains  gardant jalousement les hameçons plongés dans les boues mélangées aux ordures de toute nature, qui sont à peine surmontées par les eaux des dernières pluies. C’est l’image d’une partie de pêche à laquelle s’adonnait un groupe de jeunes désœuvrés, dans l’après-midi de ce lundi 23 septembre, en face du Ceg "Les Pylônes". Et c’est le collecteur XX du quartier Agla, situé dans le 13ème Arrondissement, en plein cœur de Cotonou, qui sert de lac. Dans la nasse, plusieurs silures. «Nous allons manger ça à la maison, ce soir, avec nos amis», se réjouit Alfred, l’un des jeunes pêcheurs.  

En effet, depuis plusieurs mois, le collecteur XX du quartier Agla, semble abandonné à la merci, non seulement, des herbes sauvages et d’autres qui la surpassent doublement, mais aussi des ordures de toute nature. Quant aux bordures, le constat est le même. Et «c’est même l’une des causes de l’inondation du quartier, car les ordures et les herbes empêchent l’eau de ruissellement de couler vers l’intérieur du collecteur», se plaint Ignace, un jeune du quartier Agla. Qui semble trouver une réponse à la présence des silures dans ce collecteur. «C’est à cause de la boue et de l’abondance des ordures, que ces silures sont là. Car ils se nourrissent des débris de nourritures contenues dans les ordures ménagères, et se plaisent bien dans la boue. Donc, si le curage du collecteur était régulier, il n’aurait rien de tout cela», tente-t-il de faire comprendre.

Démission des uns, incivisme des autres

Il parait, ainsi, que la responsabilité de Serges Trinité Soglo, Chef  du 13ème arrondissement, et des siens, est mise en cause. «Car, c’est à peine si l’arrondissement fait un seul curage par an. En plus, les herbes ne leur disent rien. Alors que la maison du Ca est tout proche, à côté»,  a fait constater  Etienne, responsable d’un groupe de réflexion de jeunes sur le développement, et habitant du quartier.

Quant à ceux qui jettent les ordures dans les collecteurs, ils semblent conscients du caractère incivique du geste, mais se disent contraints. «Il n’y a plus de "ramasseurs" d’ordures dans le quartier. Normalement, c’est l’Arrondissement qui s’entend avec eux, et nous, nous nous abonnons. Mais, on ne les voit plus, ces "ramasseurs" d’ordure», justifie l’une des vendeuses installée, malgré les ordures, à proximité du collecteur.

Seulement, de l’autre côté de l’arrondissement, l’on se défend. «Ce n’est pas vrai, le Chef d’Arrondissement se bat pour améliorer l’image de l’arrondissement. Nul n’a le droit d’être incivique à ce point. Ils jettent les ordures partout, même dans la conduite», affirme l’un des collaborateurs du Chef d’Arrondissement. Ceci, sans concrètement évoquer les actions menées par ledit arrondissement pour changer le cours des choses.

En attendant que cette infrastructure, réalisée à coup de milliards, commence par jouer véritablement son rôle, les pêcheurs circonstanciels peuvent continuer leur partie de pêche.