La Nouvelle Tribune

Affaire commande de tête d’Homme par un prêtre de Tron : le Tron ne s’érige jamais avec des organes humains

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(Dixit le Chef suprême de la divinité au Bénin) Les dignitaires du Tron Kpéto Déka Alafia s’insurgent contre les déclarations du « vieux » arrêté avec une tête d’Homme et qui, à ses dires, serait en mission pour un prêtre de cette divinité.

« 21 ans déjà que je suis là, je n’ai jamais pris des organes humains pour donner le tron à quelqu’un. Ce ne fut jamais la pratique, pendant les 50 ans de règne de mon père. Et cela ne saurait se passer en notre temps.» Nous a confié Hounnon-gan Tchédji II.

Rencontré ce mercredi 12 juin 2013 au siège national du Tron Kpéto Déka Alafia à Tchiapè Codji, Tohonou dans la commune de Ouidah, le Chef suprême de la divinité a exprimé son amertume par rapport à l’actualité relative à la communauté religieuse qu’il dirige.

Depuis le 4 juin dernier, les déclarations d’un vieil homme sur une chaîne de télévision de la place, font état de ce que l’installation de la divinité tron dans une maison, demande des ingrédients comme un organe humain. En effet, ce « vieux », surpris avec un sac contenant la tête d’une jeune fille, déclarait devant  micro et caméra de ladite télévision, que cette tête lui a été demandée par un hounnon, c’est-à-dire un prêtre de la divinité tron.

Aux dires des responsables de cette religion, rencontrés hier, il s’agit d’une fausse information pour nuire à leur communauté. «Cette information frise une campagne d’intoxication et de sabotage contre la communauté tron», affirme Hounnon-gan Djrado Ahidazan, lui aussi haut dignitaire du tron et résidant à Ouidah. «Tuer quelqu’un est un meurtre ; et nous combattons tous les actes du genre», ajoute-t-il. «Dans notre religion, nous ne faisons pas de trafic d’organes humains ; nous nous insurgeons contre cette déclaration», confie Hounon-gan Aho Sènou Tito de Cotonou. A en croire son collège de Womè, Hounon-gan Atchodégnon dite “dayovo’’, le dignitaire ne demande pas à celui qui veut avoir le tron chez lui d’aller chercher lui-même les ingrédients.

Le Chef suprême national du tron, à ses dires, tient beaucoup à ce que ce « vieux » révèle son supposé commanditaire. Et que la profession et l’appartenance religieuse de ce dernier soit clarifiées, pour corriger dans l’opinion publique cette image noire qui est projetée du tron.

C’est la même position dans le rang de tous ses collaborateurs, du moins ceux que nous avons rencontrés ce mercredi. «Nous demandons à l’Etat, à travers la justice, de faire son travail, pour que la vérité soit dite», affirme Hounon-gan Aho Sènou Tito. Dans le cas contraire, informe Hounnon-gan Tchédji II, «nous allons nous même saisir un avocat et engager le processus».

Mais en attendant, il appelle tous ses fidèles à la sérénité et au sérieux dans le travail dont ils vivent. Le tron, précise-t-il, ne prône pas la paresse. Il exhorte, à cet effet, ses fidèles en ces thèmes: «Moi-même, je suis agriculteur, et je n’ai jamais abandonné. Qu’un fidèle ne s’assoit pas chez lui dans l’oisiveté parce qu’il a reçu le tron ; le tron protège votre maison contre la sorcellerie et vous assure la paix ; vous devez travailler et gagner votre pain à la sueur de votre front.»