La Nouvelle Tribune

Gomis: "J'ai entendu des cris de singe"

Espace membre

La demi-finale de Coupe de France entre le GFCO Ajaccio et Lyon (0-4), mardi, n'a pas été la fête espérée, notamment en raison du climat houleux qui a entouré la rencontre. Quatrième buteur des Gones, le pourtant calme Bafétimbi Gomis, victime d'insultes racistes et d'un jet de banane, s'est "laissé emporter" et a chambré les "supporters" corses.

On n'avait jamais vu l'imperturbable Bafétimbi Gomis dans un tel état. Lui qui s'attendait à un déplacement compliqué en Corse, où il n'est "jamais facile de jouer", a en effet entendu parler du pays. Et pas vraiment en bien. Malgré la qualification de son équipe pour la finale de Coupe de France (0-4), l'attaquant lyonnais a peu versé dans l'effusion de joie, ulcéré par l'accueil du public du GFCO Ajaccio. Auteur du quatrième but des Gones, l'international tricolore n'avait même pas le coeur à célébrer cette réalisation, préférant chambrer les "supporteurs" insulaires en mettant ses deux mains derrière ses oreilles. Un comportement qui ne lui ressemble pas et qui lui valut même un avertissement.

Au moment d'expliquer devant la presse les raisons de cette provocation, le joueur se donnait des circonstances atténuantes: "Après mon but, j'ai mis mes mains derrière les oreilles car j'avais entendu des cris de singe pendant le match", a confié Gomis en zone mixte, ajoutant même avoir "reçu une banane." Pour autant, l'ancien Stéphanois regrettait déjà son attitude épidermique: "Je me suis laissé emporter. J'ai pensé à mes frères de couleur, alors que j'aurais dû me retenir", a t-il ensuite reconnu. Un épisode ombrageux de plus dans une rencontre à l'ambiance électrique.

Déjà envenimée par les rumeurs selon lesquelles l'OL avait demandé au Gazélec de jouer la demi-finale à Gerland plutôt qu'en Corse en échange de la recette, la partie a été tendue de bout en bout. Notamment à cause de la "mauvaise agressivité" des pensionnaires de National, matérialisée par l'expulsion d'Anthony Colinet, coupable d'un vilain tacle par derrière sur Alexandre Lacazette (38e). Les longues minutes qui ont suivi cette échauffourée ont conduit les joueurs des deux équipes à jouer la carte de l'intimidation jusqu'au retour des vestiaires. "J'ai eu peur que mes joueurs, les plus jeunes, aient une petite faiblesse. Il ne fallait pas céder à la nervosité. Il y en a eu un peu à la mi-temps, mais c'est réglé, a expliqué Jean-Michel Aulas, à deux doigts d'en découvre avec ses vis-à-vis à la pause. La FFF ne devrait pas laisser passer cette contre-publicité contre le football.