Selon La Lettre du Continent N* 619 de ce jour : le Bénin, plaque tournante confirmée du trafic de drogue

(Le pays écope d’un cinglant avertissement) Consacrée au cas spécifique d’un Bénin devenu inquiétant, la réunion à Cotonou, fin août, du Groupe de Dublin, confirme toutes les informations récriminatoires relayées, ces temps derniers par une frange de la presse locale –dont «La Nouvelle Tribune»- au sujet des trafics illicites, en l’occurrence ceux de la drogue.

Petit pays de la côte ouest-africaine, naguère tranquille et reconnu pour le pacifisme de ses habitants, la République du Bénin fait de plus en plus la «une» des préoccupations de la communauté internationale. A cause de sa propension à ravir la vedette aux autres pays de la sous-région considérés comme plaques tournantes du commerce prohibé de la poudre blanche. Des exemples illustratifs de l’accusation ne manquent point. A commencer par le dernier en date qui met en orbite les turpitudes d’un jeune diplomate pris la main dans le sac au Maroc alors qu’il revenait de ses vacances au Brésil, la valise pleine du produit banni. Il risquerait la peine de mort si aucune démarche n’est menée en direction des autorités de l’État chérifien. Récemment impliqués pour des motifs similaires avec un mode opératoire différent, des employés de justice (greffiers notamment) sont pointés du doigt par un agent des forces de sécurité qui les accuse de vol de colis, d’une cargaison saisie, lors du transfert de la «marchandise» du lieu d’entreposage au tribunal. D’après nos enquêtes, le règlement du cas de l’espèce a débouché, sur un conflit qui a éclaté et a été résolu en catimini, entre la hiérarchie policière et la justice béninoise. On évoque aussi souvent le cas de l’une des dames, bien en vue de l’appareil étatique, épinglée puis vite relaxée, par les services compétents d’une puissance africaine. Dans la résorption du dossier, des interventions au plus haut sommet de l’État ont été nécessaires et se sont avérées très efficaces pour aboutir à un étouffement de l’affaire, à un moment où la tempête électorale de la présidentielle était à son comble au Bénin.

Biens des cas déférés devant les tribunaux ont bénéficié d’un jugement immédiat, presqu’à la sauvette. Et les mis en cause, punis à des peines dérisoires, ont été pour certains élargis quelques mois plus tard, à la faveur de la mesure générale de grâce accordée par le premier magistrat et chef de l’État aux détenus de droit commun, dans le cadre de la commémoration, le 1er aout 2011, de la fête de l’indépendance. On se rappelle qu’en 2003, au début de la descente aux enfers consacrant, en la matière, la déchéance à petit feu du Bénin, il y eut cette autre affaire de drogue qui a compté parmi ses tenants et aboutissants de hauts cadres de la police d’alors, au nombre desquels le Directeur Général de la Police nationale (DGPN), entretemps libéré, avait été cité et mis en prison. Depuis lors, les partisans du moindre effort se sont progressivement et, cas après cas, révélés à l’opinion nationale et internationale. De par leur indélicatesse avérée, ils ont fini par plonger sans sourciller le pays dans l’indignité qui a eu raison de son image. Et le plus grand drame de ce secteur est d’apparaitre finalement comme un panier à crabes où l’on retrouve, pêle-mêle, malheureusement, des cadres insoupçonnés de l’administration publique et politique, sans oublier… la hiérarchie militaire. Ce qui fait craindre que le pays soit devenu une des plaques tournantes de ce «business juteux» pour lequel le Groupe dit de Dublin, n’a pas hésité à lui lancer un avertissement des plus sérieux. Ici même, à Cotonou, sur le sol de la délinquance en poudre.

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