Formation des animatrices du Projet PICS au Bénin

Pas de conservation améliorée de niébé sans les femmes

Une session spéciale de formation des animatrices des CeRPA du Bénin a été organisée en début de semaine (09 et 10 Nov.) à Bohicon sur la technologie de conservation du niébé la plus améliorée du moment.

 «30% des équipes de techniciens et de facilitateurs commis pour transférer aux paysans la technologie du triple ensachage doivent être des femmes». La recommandation est formulée par le principal soutien financier du projet qu’est la Fondation Bill Gates. Cette exigence trouve son fondement, entre autres, dans l’importance que les femmes accordent au niébé, notamment à la production et à transformation de la plus prisée des légumineuses en Afrique au sud du Sahara.

Le niébé est connu pour être une culture génératrice de revenus accordant aux communautés paysannes des moyens d’améliorer leur vie de tous les jours. «Grâce à la production du niébé, j’ai pu cette année payer la scolarité des enfants dans les écoles les plus prestigieuses de l’enseignement supérieur de notre pays» s’est confiée une dame, la cinquantaine passée. Quand on sait le rôle que jouent les femmes dans les ménages africains comme dans les champs, on comprend pour l’admettre que le Projet PICS soit instruit pour impliquer le genre dans sa vulgarisation de la technologie du triple ensachage du niébé au Bénin et au Togo. Dans les coins des capitales africaines, les femmes qui se consacrent aux métiers de bouche, ces «bonnes dames» comme on les appelle au Bénin par exemple, offrent à la clientèle du «akara» ou beignets de niébé frits à l’huile d’arachide. Leurs paires des localités rurales, quant à elles, sont en amont de la production de cette denrée de plus en plus demandée en étant la «viande du pauvre». Entre ces deux pôles de femmes actives dans la manipulation du niébé, il y a une catégorie non moins importante qui s’occupe de la commercialisation du grain recherché.  On les trouve au cœur des transactions sur les marchés locaux et régionaux. De sorte que sur toute la filière, la gente féminine reste présente et fait preuve d’un dynamisme débordant.

De ce point de vue, ne pas associer les femmes rurales à la technologie du triple ensachage en leur faisant l’éternelle injustice de les confiner dans les taches de production passe mal. D’où le management du projet a très tôt pris en compte la tangible réalité d’intégrer à ses activités la session de formation des femmes animatrices des CeRPA du Bénin. La même démarche est en cours avec leurs homologues du développement rural du Togo.

Du sérieux au rendez-vous

A l’instar des techniciens et facilitateurs hommes qui ont déjà pris part à ce type de formation, il s’est agi pour les participantes, de suivre des communications relatives à l’historique du projet PICS. Il leur fallait en outre se faire rafraichir la mémoire avec un rappel du mode vie et de développement des bruches, insectes ravageurs des grains de niébé, les problèmes de stockage du niébé ainsi que l’importance de la légumineuse dans l’économie locale et sous-régionale. Elles ont aussi eu droit à des séances de démonstration au cours desquelles elles ont pu mettre la main à la pate en s’essayant de façon pratique à l’utilisation de la technologie. Tour à tour et en équipe, elles s’y sont frottées sous la supervision de MM. Athanase Lesse et Justin Djaho, facilitateurs venus des CeRPA Zou-Collines et Mono-Couffo. Passées les phases de découverte et d’apprentissage, nos animatrices ont été invitées à aller en milieu réel prêcher la bonne nouvelle. Elles étaient ainsi face aux élus locaux entourés d’un groupement de femmes d’un village de Bohicon.

Ponctualité, assiduité, grande écoute, participation active ce sont les maitres mots qui ont caractérisé les travaux pendant lesquels on pouvait voir ces femmes faire preuve de tout le bien qu’on dit d’elles. Et l’un des principaux formateurs à ce projet de s’exclamer: «depuis que nous encadrons des techniciens et facilitateurs dans le cadre de la vulgarisation de la technologie, c’est la première fois que je me sens entièrement comblé de satisfaction». Un autre de dire que «quand on a affaire aux femmes, le sérieux est toujours au rendez-vous et on peut espérer atteindre les objectifs pour lesquels on les réunit».

{mosgoogle}C’est pourquoi la formation terminée, on attend des animatrices qu’elles aillent à la rencontre des groupements de femmes de nos contrées rurales expliquer le fonctionnement de la technologie. Cette dernière, vise à garantir le bien-être des ménages qui produisent le niébé. Les animatrices des CeRPA sont de ce fait une autre race d’ambassadeurs du projet PICS et le dernier maillon dans la chaine de vulgarisation de la technologie du triple ensachage du niébé.

Emmanuel Tachin

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