Procès pour offense au Chef de l’Etat : Me Lionel Agbo condamné à six mois de prison ferme

Débuté le 03 octobre 2012, le « procès Agbo » pour offense au chef de l’Etat a pris fin hier au Tribunal de première instance de Cotonou. Une fin malheureuse pour l’un des prévenus,  Me Lionel Agbo.

Prévenu depuis octobre 2012 dans un procès pour « offense au chef de l’Etat », Me Lionel Agbo, avocat au barreau du Bénin, ancien porte-parole et conseiller spécial du chef de l’Etat n’est plus libre de ses mouvements depuis hier. A l’issue d’une énième audience dans ce dossier, il a été condamné à 6 mois d’emprisonnement ferme assorti d’un mandat d’arrêt et d’une amende de 500 milles francs Cfa pour « complicité d’offense au chef de l’Etat ». Attendu pour 18h 30, le verdict du juge en charge du dossier, Gilbert Togbonou, est tombé un peu après 19 h (heure de Cotonou) dans une salle d’audience pleine de monde au Tribunal de première instance de Cotonou. Me Agbo n’était pas présent dans la salle d’audience au moment où le juge rendait sa décision. Dans la matinée de la même journée d’hier, l’ancien proche collaborateur de Boni Yayi, qui le fait aujourd’hui emprisonner, a été relaxé dans un autre procès de diffamation.

Dans ces deux affaires -diffamation et offense au chef de l’Etat- Me Agbo est accusé pour les propos qu’il a tenus sur une certaine corruption dans l’entourage du chef de l’Etat au cours d’une conférence de presse le 18 septembre 2012. La plainte pour diffamation est venue de certains membres du cabinet civile du Président de la République. Ce sont la directrice de cabinet, le secrétaire général du Gouvernement et le secrétaire général de la Présidence. La plainte pour offense émane du Président de la République en personne. Les propos incriminés ont été diffusés par la chaine de télévision privée Canal 3-Bénin. Et à ce propos, la directrice de Canal 3 a été condamnée mercredi dernier à trois mois d’emprisonnement ferme pour « offense au chef de l’Etat ».  Mais dans le dossier diffamation, elle a été relaxée tout comme Me Agbo.

« Procès de la honte »

Les réactions prises à chaud à la sortie de l’audience hier sont toutes l’expression de l’étonnement et de l’indignation. Pour Dieudonné Lokossou, Gaston Azoua et Paul Isse Eko, tous des figures de proue du monde syndicaliste béninois, « c’est un procès de la honte et de la dictature ». Et c’est le signe que « nous sommes dans un Etat despotique » au Bénin.  Me Gbaguidi, l’un des avocats de Me Agbo est quant à lui « surpris » si bien qu’il a perdu son « latin ». Car « le principe du droit pénal c’est que le complice emprunte la criminalité de l’auteur ». Et voilà que le cas échéant la peine du complice est plus lourde que celle de l’auteur. « On ne sait pas si cela est spécifique au droit béninois ou au droit germano-romain… », s’est-il interrogé. Avant de préciser que la défense fera appel. Et va même pourvoir en cassation si la sentence du juge est confirmée en appel.

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