Procès en diffamation de Me Lionel Agbo : ambiance électrique hier au tribunal

(Le dossier renvoyé au 19 décembre) Hier, au tribunal de première instance de Cotonou, après plusieurs heures d’une audience assez chaude, le dossier diffamation pour lequel Me Agbo a comparu a été renvoyé au 19 décembre. Motif : l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par ses avocats.

Acte 1 : Tiraillements

9h’. Le juge ouvre le dossier 4639-2012. Objet de la plainte : diffamation. Plaignants : Véronique Brun Hachemé, directrice de cabinet du Président de la République, Emmanuel Tiando, Secretaire général de la Présidence et Eugène Dossomou, Secrétaire général du gouvernement. Le prévenu ; Me Lionel Agbo, avocat au barreau du Bénin, ancien conseiller spécial du Chef de l’Etat, ancien porte-parole de la Présidence de la République et conseiller à l’autorité transitoire de régulation des postes et télécommunications. L’autre prévenue est Berthe Cakpossa, directrice de Canal 3 Bénin, la chaine de télévision avait diffusé les propos présumés diffamatoires.  En effet, il est demandé à Me Lionel  Agbo d’apporter les preuves de ces affirmations sur la corruption dans l’entourage du Chef de l’Etat. Lors d’une conférence de presse tenue le 18 septembre au Codiam à Cotonou, cet avocat-politique a évoqué une certaine corruption dans l’entourage du Chef de l’Etat.  Pour l’audience du jour, il faut passer aux réquisitions et plaidoiries, comme l’avait notifié le juge il y a deux semaines.  Le conseil de la défense s’y oppose. Ses avocats ne veulent pas aller aux réquisitions et aux plaidoiries. Le juge est intransigeant, il faut avancer.

Acte 2 : Les victimes

La salle d’audience grouille de monde. Dans la Cour et devant le Palais de justice, des policiers. Me Kato Atita, au nom des avocats des plaignants va droit au but. « Le prévenu n’a témoigné d’aucun remord depuis le début de l’audience. Au contraire, il organise sa défense dans le blocage systématique de la justice et n’a fait preuve d’aucune offre de vérité. De plus, le prévenu n’est pas n’importe qui. Il est non seulement avocat, connaisseur des droits et devoirs, mais il a travaillé au Palais de la Présidence de la République.» Me Kato Atita est convaincu que «nous sommes dans un cas où la qualité du prévenu n’autorise pas un pardon ou une indulgence. La justice doit donc aller loin pour montrer que « la liberté de parole n’est pas un droit absolu. Elle a des limites même si elle est un droit constitutionnel.»

Acte 3: le ministère public

Le ministère public évoque l’absence de preuves. Ses remarques : « L’exception de vérité qui devrait être faite dans un délai de sept jours, n’a pas été faite. Me Lionel Agbo n’a pas pu désigner ce groupe d’hommes milliardaires dans l’entourage du Chef de l’Etat. Il n’a pas pu apporter la preuve de ses affirmations, tant à travers l’exception de vérité ou sa bonne foi…» Pour les peines, il demande au juge de retenir Berthe Capkossa, directrice de Canal 3 Bénin pour le délit de diffamation et Me Agbo, en complicité de diffamation. Et de les condamner à six mois d’emprisonnement avec sursis, de prendre acte de la constitution de partie civile par les plaignants et faire payer à Canal 3, Berthe Cakpossa et Agbo, le franc symbolique pour dommages et intérêts. L’avocat de Berthe Cakpossa plaide l’irrecevabilité de la procédure, avec à l’appui, une longue argumentation, comme savent et aiment bien le faire les avocats.

Acte 4 : Allons devant la Cour constitutionnelle

Les avocats de Me Agbo, maintiennent leur position de ne pas plaider «dans ces conditions». «Nous suspectons le juge d’impartialité. Nous avons saisi le président de la Cour d’appel pour récuser le juge», a avancé l’un d’entre eux. Mais le juge a demandé la poursuite de l’audience. Et ce, «constatant que  ladite correspondance reçue le 05 décembre 2012 n’a pas été notifiée au juge par le président de la Cour d’appel, et constatant que le président de la Cour d’appel n’a pas ordonné au tribunal la suspension de la poursuite de la cause ». Les avocats de Me Agbo soulèvent l’exception d’inconstitutionnalité en évoquant trois motifs.  La décision du juge de poursuivre l’audience en dépit de leur requête de sa récusation, le refus d’entendre le prévenu sur le fond du dossier et le refus de réception des pièces. «Ces trois éléments portent entorse au droit du prévenu», a déclaré l’un d’entre eux. Un autre ajoute «il se pose à notre niveau le problème de respect de la présomption d’innocence, le droit du prévenu. Il y a comme une marche forcée, une pression administrative sur le juge, sur le prévenu également. A chaque fois qu’il y une audience Agbo, il y a des policiers partout. La baraque se met en place depuis Cadjèhoun » ; pour eux, l’impartialité du juge est mise en doute et cela déclenche l’incidence d’inconstitutionnalité

Acte 5 : rendez-vous les 12 et 19 décembre

10h 13, l’audience est suspendue. Elle reprend à 10h 35. Le juge rend une première décision. «Après réquisitions, plaidoiries des conseils, à l’exception de ceux de M Lionel Agbo, le Tribunal disjoint l’examen de la cause en ce qui concerne les deux prévenus. Délibéré au 12 décembre pour Berthe Cakpossa. Le sursis à statuer au 05 décembre à 15h».  15 h 10 l’audience reprend. Le juge rend sa seconde décision. Il ordonne le sursis à statuer en attendant la décision de la Cour constitutionnelle. Cette dernière devra statuer sur l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par l’avocat de Me Agbo, avant la poursuite du procès. Le juge ordonne le renvoi du dossier au 19 décembre 2012. L’audience es levée.

Commentaires (17)
  • TGV

    Sacré Agbo...Sacrés milliardaires de la présidence... Sacré juge... Sacrés avocats... Sacré cours constitutinelle... Sacré docteur le grand... La suite est à vivre...

  • olla oumar

    que du dilatoire de la part des conseils de Me AGBO ,la sentence finira par tomber , et ce serait une peine avec sursis et un franc symbolique pour Me AGBO ; n'en déplaise à certain on est encore au benin dans un pays de droit .imaginons ce cas AGBO dans un pays comme le togo ,le cameroun , le tchad ,la chine , la russie etc ??? il serait purement et simplement en train de croupir en prison .

  • arisenior

    mn frère au nè au bénin pa ds sè pays ke tu a cité malheureusemen on ten vè cela et peu etre mèm pire avec ce régime sans aucun sens de l'honneur et de dignité. AGBO sera peu etr condamné min saché tous ke la roue tourne et tournera tjr. lè condamné d'ojourdu peu etr lè juge de demin, lè victime d'ojourdu peuve etr lè bouro de demain.

  • Anonyme

    Et bien pourkoi, le PR ne dit rien ? Pourkoi ne fait il rin pour obtenir justice si tan est kil y a diffamation ? Les gens se foutent des gens dan le pays de "BIGLOTCHEMIN" dêh !

  • Wgactu

    En date du  29:11:2012 à 12:05:23, j'ai mentionné les suivants :"Maître Agbo peut en tout moment récuser un magistrat s'il estime que ce dernier est influencé par la garde des sceaux. S'il ne l'a pas fait à ce jour, c'est bien parce qu'il ne doute pas de l'impartialité des magistrats et du respect de la séparation des pouvoirs."

    C'est chose faite hier le 5:12:2012.
    La défense de Maître Agbo a récusé le juge mais  à mon sens, avec un motif farfelu.

    Certes, le juge, dès qu'il a communication de la demande, doit s'abstenir jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la récusation devant la cour d'appel. Dans le cas de cette affaire, il y a deux prévenus et un seul récuse le juge, c'est donc avec une juste appréciation que le juge ne s'est pas abstenu et a continué le débat.
    Par ailleurs : Si le juge s'oppose à la récusation ou ne répond pas, la demande de récusation est jugée sans délai par la cour d'appel. Je ne vois rien de sérieux motivant une nouvelle saisine en constitutionnal...

  • Boss

    Quel que soit l'issu de ces proces le seul vainqeur est LIONEL AGBO.
    Le chef de l'Etat lui-meme a toujour dit que toutes les institutions de l'Etat sont mouillées (C'était à la télé dans ce meme pays). La présidence est une institution donc la présidence est mouillée. Il a donné la preuve de ces alléguations qd il a mis au jour lui-meme la corruption dans les rangs de ces proches( Affaire port sec-tori). Donc le grand avocat de lionel c'est le chef de l'Etat lui-meme. Le peuple est serain et sais que tout ce balet judiciaire n'est que du folklore.
    Moi je soutiens le Chef de l'Etat et lui demande de retirer sa plainte et de continuer à dénoncé les corrompus qui st dans son entourage.

  • ANNOYMAT

    LES AVOCAT DU CAMP PRESIDENTIEL VEULENT QUELLES PREUVES? MOI JE VEUX LES AIDER A AVOIR LES PREUVES QU'ILS CHERCHENT A TRAVERS DEUX QUESTIONS. LE TOUT PUISSANT EDOUARD OUIN OURO A ETE LIMOGE POUR QUEL MOTIF? N'EST IL PAS UN COLLABORATEUR PROCHE DU CHEF DE L'ETAT? LES PREUVES SONT JUSTEMENT Là

  • Yalla

    Yayi meme sait que agbo sait ce qu'il sait. Le reste c'est du dilatoire......

  • Te agbanli

    Si on Peut conclure dapres tous ceux kon a Lu ds les mediats et autre keske lentourage de pr se reprochent mr agbo etait la bas avec eux kan tout a commence kan le pr il a pri le pourvoir et il connaissait comment chak1 etait au debut je ne vois pas pourkoi ns aimons pas la verite au Benin l'entourage du pr avant d'entree ds le gouvernement du yayi avait til declarer leur bien et aujourd8 Mai's il tant de chose au kel agbo sest fier pour parler il faut aimer la veriter les beninois sil netait pas un hoe de droit il serais croupi en prison depuis

  • Jerôme NOUGBOGNON

    Mi ma do xwe o zoo oooo! Mi kinklin. Talon arrêté en France, Maître Lionel Agbo devant la cour à Cotonou, les enseignats en grève, les spoliés d'ICC libérés, aoooooH Tcho, Mi ma do xwe o zoo oo! Mi kinklin!

    Ma lènu e kpon ji be do ado na ton e we: e na hwe do Ko ni edesu aaa!"

  • on verra

    Ce que Mr AGBO a dit est connu de tout le monde comme le montre l'affaire du port sec de Tori.Maintenant peut on avoir de preuve en matière de corruption?a moins de faire comme le monsieur du port sec et qui court le risque d'enterrer lui même ses affaires.La lutte contre la corruption doit venir d'une volonté politique et protéger ses collaborateurs qui veulent se faire blanchir par la justice fait le lit à la grande corruption

  • PVI

    Pourquoi nous n'aimons pas au Bénin qu'on dise la vérite ? Ce que AGBO a dit haut c'est que nous disons tous bas. C'est ce qui se dit dans tous les débats. Et c'est ce qui est. Reconnaissons le courage de Me AGBO. Qu'est ce que AGBO a dit et AZANNAI n'a dit lors de sa sortie sur Canal 3. Sauf que à un certain moment, AGBO aussi a profité de ce environnement *******. Si les collaborateurs du Chef de l'Etat sont corrompus, cela voudra signifier que AGBO l'a été aussi à un certain moment.

  • J'aime mon pays

    En tout cas si Maître AGBO est vraiment compétent comme on le sait il gagnera
    Mais affaire de Docteur la on ny peu rien inhhhhhhhhhhh

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