Port sec de Tori : un projet dangereux pour spolier l’Etat

Le projet du port sec de Tori ressemble à un véritable canular pour gruger l’Etat. En dépit des sanctions du Chef de l’Etat, des zones d’ombre persistent sur ce projet et surtout sur son promoteur. Le même qui a de quoi soudoyer à tout vent n’apporte rien au projet.  Ni argent, ni site, ni technologies ne proviennent curieusement de lui.

La république qui pénalise certains, sourit à d’autres. C’est le cas du sieur Eric Hounguè de la société Hémo Siat, promoteur du projet du port sec de Tori. Il y a quelques jours, il avait défrayé la chronique en dénonçant lui-même aux proches du Chef de l’Etat des cadres à qui il avait donné de l’argent pour vite signer la convention et qui n’auraient pas vite agi après avoir reçu les pots de vin. Informé de cette situation, le Chef de l’Etat n’a pas hésité à les limoger tous. Le promoteur est sorti quelques jours après pour donner une conférence de presse. Au cours de cette sortie médiatique, il n’a pas hésité à confirmer la pertinence de son projet et à affirmer à la face du monde que rien ne peut en empêcher la réalisation. Cet excès d’assurance n’est que l’affirmation des nombreux soutiens dont il dispose dans l’appareil d’Etat et surtout dans les sérails gouvernementaux.  Selon des sources concordantes, le projet de port sec de Tori est un véritable pactole pour le promoteur Eric Hounguè. Selon une source proche du dossier, « il n’aura pas à débourser un rond ». Tout lui sera fourni par l’Etat. Le projet lui-même lui a été cédé gré-à-gré. On le lui a remis comme un présent de Noël à un môme. Aucun appel d’offres n’a été lancé pour un projet de près de 100 milliards ! Imaginez donc les réseaux d’influence dont bénéficie ce jeune opérateur économique pourtant peu connu du grand public et des milieux d’affaires.  Et ce n’est pas tout. Le domaine de plusieurs dizaines d’hectares sis à Tori appartient au port autonome de Cotonou. Idem pour l’expertise et la technologie. Au début, raconte une autre source proche du dossier, il donnait l’impression d’avoir obtenu des financements auprès de partenaires ivoiriens. Il se faisait passer pour un magnat des affaires, capable de mobiliser des milliards d’un peu partout. Au fil des jours, on a compris que seul le port de Cotonou était son seul gage de financement. Le port, rappelons-le encore, devrait être avaliseur auprès de la Banque ouest-africaine de développement(Boad), pour un financement qui mettrait peut être cinquante ans à rembourser.

Un vieux projet de Mca

En vérité, le projet du port sec de Tori est né après une étude effectuée sur la décongestion du port de Cotonou dans le cadre du volet portuaire du Programme du Bénin pour le Millenium challenge account(Mca). Lesdites études qui ont couté plu de deux milliards F Cfa ont permis de savoir qu’il faut créer un port sec à Tori. Ce n’est donc pas Eric Hounguè, l’initiateur de ce projet et on se demande comment on peut être promoteur d’un projet dont on n’est ni initiateur, ni bailleur, ni fournisseur de site ou de technologie ? Selon des confidences, il bénéficie du soutien d’un puissant lobby politico-religieux qui fait la pluie et le beau temps actuellement à la Marina et qui a su imposer plusieurs ministres au président Boni Yayi. Ces ministres en question, ce sont les tireurs de ficelle dans l’ombre de la marionnette Eric Hounguè et qui, à coup de dévotion et d’exhibition démesurée de la foi, arrivent à imposer des projets farfelus à Boni Yayi. Actuellement le sieur Eric Hounguè circule sous la protection de garde de corps bien armés gracieusement attribués par l’Etat. Les mêmes sources racontent qu’il a reçu des millions afin de soudoyer puis les livrer après des gens qui se montrent réticents à ce projet. Drôle de promoteur qui reçoit ainsi un pactole en or sans bourse délier.

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