Corruption dans l’entourage du Chef de l’Etat : Me Lionel Agbo appelle Yayi à engager des procédures pénales

Loin du «déferlement de violences verbales» auquel l’on assiste depuis la «fameuse» interview du 1er aout dernier du Chef de l’Etat, Me Lionel Agbo n’a pu se retenir. Hier, mardi 18 septembre au Codiam à Cotonou, devant les hommes de médias, l’ancien conseiller et porte-parole du président Yayi a effectué un tour d’horizon de l’actualité nationale.

Pour une opération de scanning, c’en était une. Face aux journalistes et le parterre d’invités présents hier au Codiam, Me Lionel Agbo a passé au peigne fin, l’un après l’autre, différents dossiers de l’actualité nationale. Notamment le dossier à rebondissements du port sec de Tori. Pour Me Lionel Agbo, si les derniers limogeages au port, au ministère et au palais de la présidence de la république, preuve de la «grande» corruption qui gangrène l’entourage immédiat du Chef de l’Etat, sont courageux, il n’en demeure pas moins «malhonnêtes». Selon le conférencier, «ces quelques cadres sont jetés en pâture», car il y en plusieurs autres au palais de la marina. Et cela «le Chef de l’Etat sait que je sais qu’il sait je sais qu’il sait». Ainsi donc il doit aller loin. Et loin, l’ancien conseil et porte-parole du Chef de l’Etat, pense que les actions du président visant à lutter contre la corruption ne doivent pas s’arrêter qu’aux simples limogeages et mises à pied. «Le président Yayi doit prendre en compte les implications au plan pénal de ses révélations de cas corruption», a-t-il insisté. Avant d’interroger son ancien chef : « Qu’avez-vous fait au plan pénal contre les ministres que vous avez accusés de faire du faux ?». «Où en sommes nous, monsieur le président quant aux sanctions pénales ?», a cherché à savoir Me Lionel Agbo.

«Le projet de révision…n’est pas terminé»

Me Lionel Agbo n’a pas que dénoncé la corruption qui sévit dans l’entourage de Boni Yayi, il est aussi revenu sur le projet de révision de la Constitution qui, a pendant longtemps défrayé l’actualité nationale avant d’être rangé, croyait-on. A en croire, ce membre de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp), le projet de «révision de la Constitution du 11 décembre 1990, n’est pas terminé». «Des gens sont dans l’ombre et travaillent pour le maintien du Chef de l’Etat au pouvoir en 2016 par un mécanisme tronqué de révision de Constitution», a révélé «l’homme à l’imagination fertile». Pour Me Agbo, le consensus recherché pour la modification des textes fondamentaux  pourrait aujourd’hui être biaisé et les populations flouées. Selon l’argumentaire de l’ex-conseiller,  le transfert de compétence aux communes notamment la gestion de l’Ecole par les maires annoncée par le Chef de l’Etat, est une potentielle source de financement pour ces «ventripotards» qui, à la demande de l’Exécutif, pourraient manipuler l’opinion nationale à ce dessein. Mais Me Lionel Agbo avertit : «quiconque voudra changer les fondamentaux pour maintenir le Chef de l’Etat au pouvoir, nous trouvera sur son chemin. Il devra passer par-dessus nos corps».

Le «fameux» entretien du 1er août et le «coup d’Etat»

Les «soutiens indéfectibles et inconditionnels avec l’argent du contribuable » aux propos graves et incendiaires du président Yayi n’ont pas échappé au scanning de Me Lionel Agbo. Qui, après avoir condamné les propos du 1er août du Chef puis «confirmé plus tard dans les champs de coton», a invité les politiciens de la crampe de Médjico à plus de retenue. S’agissant du «coup d’Etat» qui serait orchestré par des opérateurs économiques et certains syndicalistes, le conférencier du jour affirme que «c’est un complot prémédité». Car pour lui, si le Bénin connaissait une situation de trouble, «elle ne profitera ni à l’opposition, ni au peuple mais au seul Exécutif». Il faut donc dire la vérité et mettre en état de veille permanente le peuple qui est «en train d’être floué».

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