Port sec de Tori : Yayi doit aller jusqu’aux poursuites pénales

Après les sanctions administratives infligées à certains membres du sérail du prince qui ont reçu des pots-de-vin pour le projet du port sec de Tori, il est impérieux de faire recours à des poursuites pénales. Et faire un tour dans les placards pour sortir les vieux dossiers de corruption avérée.

Pour l’histoire et peut-être pour la postérité, on dira que Yayi a eu parfois, au cours de son ‘’règne’’, du cran. Et une fois de plus, il aura fait le premier pas vers la chasse aux prévaricateurs de la République en limogeant le Secrétaire général de la présidence Edouard Ouin Ouro (mercredi dernier), le Directeur de cabinet du ministre de l’économie maritime  Ishola Bio Sawé et le Directeur général du port de Cotonou Joseph Ahanhanzo (jeudi dernier). Tous accusés d’avoir reçu des pots-de-vin auprès d’un certain Eric Hounguè, initiateur du projet du port sec de Tori Bossito. Le prince a pu braver les vents -oh combien secs et violents de la chaîne de l’Atacora et des collines- pour évincer l’ancien préfet de l’Atacora-Donga et autorité administrative de son gouvernement. Il a prouvé qu’il peut-être ‘’garçon’’ devant le courroux des couronnes et autres des plateaux de terre du bas du Bénin. Il faut donc saluer Boni Yayi qui a encore quelques bribes de traits caractéristiques d’un Chef d’Etat.

Aller plus loin

Pour une fois que le prince a donc su taper du poing sur la table pour rappeler à l’ordre son entourage puant, il fait lui rendre son mérite. Mais dans l’espoir qu’il aille plus loin et plus en profondeur. Boni Yayi doit nettoyer à fond les écuries d’Augias. Il se susurre dans les couloirs du palais qu’il y a encore des loups vêtus de peaux d’agneau qui ont déjà entrepris des manœuvres de tout genre pour passer une fois encore dans les mailles du filet lancé pour pêcher ceux qui pataugent dans les eaux troubles de ce projet du port sec. Aller loin, c’est permettre que ceux épinglés dans cette affaire aillent rendre compte devant la justice béninoise. Dans cet exercice, le Chef de l’Etat ne doit pas épargner le nommé Eric Hounguè qui se targue, sans scrupule aucun, d’avoir donné 31 millions au Dg Ahanhanzo. 

La loi

A ce niveau, le Bénin peut se réjouir de s’être doté d’une loi qui est assez claire et précise. Dans cette loi, autant le corrompu est coupable et condamnable, autant le corrupteur l’est. Et il s’agit de la loi No2011-20 du 12 Octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin. Une loi votée au parlement le 30 août 2011 et promulguée par Boni Yayi. En son article 40, cette loi précise les sanctions applicables en cas de corruption. «Est puni d’un emprisonnement de cinq (05) ans à dix ans et d’une amende égale au triple de la valeur des promesses agréées ou des choses reçues ou demandées, sans que ladite amende puisse être inférieure à un million (1 000 000) de francs, tout agent public qui aura directement ou indirectement sollicité ou agréé des offres ou promesses ou reçu des dons ou présents ou autres avantages indus pour lui-même ou pour une autre personne ou entité, pour faire ou s’abstenir de faire un acte de ses fonctions ou de son emploi, juste ou non, mais non sujet à rémunération.» Elle  va plus loin et stipule que, «outre l’amende, la peine est la réclusion criminelle à temps de dix (10) ans à vingt (20) ans lorsque la valeur des promesses agréées ou des choses reçues ou demandées est égale ou supérieure à dix millions (10 000 000) de francs et la réclusion criminelle à perpétuité lorsque cette valeur est égale ou supérieure à cent millions (100 000 000) de francs». Et tout ceci est valable pour le corrupteur donc au sieur Eric Hounguè.

 La loi stipule en son article 42 que «lorsque l’infraction est commise par …, toute autorité administrative ou judiciaire nommée par décret ou arrêté quelle que soit sa qualité ou son statut,…, la peine encourue est de dix (10) ans à vingt (20) ans de réclusion et une amende égale au triple de la valeur des promesses agréées ou des choses reçues ou demandées, sans que ladite amende puisse être inférieure à cinq millions (5 000 000) de francs».

Vieux dossiers

Il est peut-être temps que Boni Yayi brave aussi la poussière pour sortir des placards les dossiers de corruption avérée qui ont déjà jalonné son mandat vieux de bientôt sept ans. C’est un secret de polichinelle pour le grand public les placards du palais regorgent de beaucoup de dossiers de malversation, de détournement du deniers public et autres. Les affaires Cen-sad, machines agricoles et autres n’ont pas cessé de raviver l’attention des uns et des autres malgré la fuite des jours.

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