La Nouvelle Tribune

Départ de la compagnie SAPETRO : le G.T.P.B-Bénin dénonce une décision suicidaire

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L’ abandon du Champ pétrolifère par  la Compagnie  SAPETRO suscite  des réactions  au sein  des  travailleurs. Le  Groupement  des  Travailleurs  du Pétrole Brut  et du  Gaz  du Bénin  (G.T.P.B – BENIN), par la voix de son Président Ulysse Hounkanlin est, à la faveur d’une déclaration publique, monté au créneau pour dénoncer l’abandon « précipité » du champ pétrolifère.

Par la même occasion, il invite le gouvernement  à exiger de SAPETRO la sécurisation des installations. Il promet  de faire de  troublantes révélations  sur  les activités de la compagnie.  Lire   l’intégralité de la déclaration ci-dessous publiée.

Déclaration publique du bureau exécutif du G.T.P.B - BENIN

Suite à la déclaration des hauts responsables de la compagnie "SAPETRO"; déclaration faite aux médias à la sortie de l'audience qu'ils ont eu avec le Chef de l'Etat le Docteur YAYI BONI, le 24/06/2015, nous, membres du Bureau Exécutif du G.T.P.B - BENIN, totalement abasourdis par la nouvelle, venons par la présente porter à la connaissance de l'opinion publique, notre avis sur cette situation.

En effet, la décision quasi suicidaire de la compagnie "SAPETRO" de suspendre les activités de l'exploration et de l'exploitation du Pétrole brut dans notre pays et d'abandonner le champ, vient relancer une fois encore le fameux débat sur l'existence effective ou non de ce précieux produit au BENIN.

Qu'il nous souvienne que dans les années 90, plusieurs millions de barils du pétrole brut furent extraits des sous-sols "Offshore" sur le site pétrolifère de SEME-KRAKE à quelques mètres de la frontière. Cette extraction qui a duré au moins une dizaine d'années devrait normalement persuader l'opinion publique sur la présence dans les sous-sols béninois de l'or noir, mais hélas la démagogie a très tôt fait de semer de doute sur la promotion de ce secteur qui pourtant est  propice,

Cependant, à partir de 2013 à ce jour, avec la détermination, le dynamisme et le savoir faire des acteurs du domaine, en occurrence des ingénieurs du monde pétrolier, et l'inlassable appui du Gouvernement, les activités pétrolières ont repris sur le bloc 1 au large de SEME-KRAKE.

La COMPAGNIE SAPETRO, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, après une signature de contrat de partage de production avec le Gouvernement, a entrepris les travaux depuis Octobre 2013 avec le forage de 03 puits dénommés: C.Sl, ES4, WS5.

Le premier du nom de WS5 n'a donné que de l'eau après perforation

Le second du nom de E.S.4 au cours de son exécution, déjà arrivée presque à terme, a connu des difficultés au dernier moment alors qu'il s'était avéré positif avec un minimum de production 4.500 barils/jour.

Le troisième quant à lui, n'a connu presque pas de complication jusqu'à sa perforation. Sa capacité de production est d'environ 2500 barils/jours.

Il s'avère donc opportun d'éclairer à ce jour l'opinion publique et persuader les populations béninoises de ce que le Pétrole dans son état brut existe bel et bien; que ce soit en haute mer (Offshore) que sur la terre ferme (On Shore) au BENIN.

Aussi, nous, acteurs du secteur pétrolier, réunis au sein du Groupement des Travailleurs du Pétrole brut et Gaz du BENIN (G.T.P.B - BENIN) voudrions exprimer notre assurance aux béninois et béninoises quant à l'existence du précieux produit qu'est l'or noir sur notre territoire. Néanmoins, à  notre avis, il importe d'écarter du secteur toutes velléités politiciennes et de guerre des intérêts égoïstes afin de permettre à celui-ci son vrai essor pour l'intérêt général des béninois et béninoises.

Quant à la décision que nous croyons précipitée de la compagnie SAPETRO d’abandonner le  site,    évoquée plus haut, nous en revenons pour attirer très humblement l'attention du Gouvernement sur les risques que cela pourra engendrer à l'avenir.

 Qu'il nous souvienne que les  anciennes installations sur le bloc I, abandonnées aux intempéries naturelles  et  au dépouillement des matériels qui s’y  trouvaient depuis 1998, à ne pas en douter, constitue aujourd'hui une bombe à retardement et attend sans délai  leur démantèlement faute de sécurisation adéquate.

Suite à tout ce qui précède, nous, travailleurs réunis au sein du G.T.P.B- BENIN, venons déclarer en face de l'opinion publique que la compagnie SAPETRO ne saurait  en aucun cas procéder à l'abandon des installations avec deux (02) puits  (E.S.4 et CS 1); dont un productif, complètement ouverts sans envisager leur  moindre sécurisation quoique définitive ou temporaire. Nous n’oublions pas aussi tous les matériels de productions à coûts exorbitants déjà déposés  sur la nouvelle plate-forme  de  production et qui attendent  d’être installés et qui, suite à cette décision, seraient laissés à la portée des dépouilleurs nocturnes.

C'est pourquoi, très humblement, nous avons choisi de réagir à chaux par  voie publique et à travers ces colonnes afin de solliciter la réaction express du  Gouvernement et des principaux acteurs .du secteur pétrolier (en occurrence les ingénieurs) face à cette question qui si elle n'est diligemment réglée avant le  départ de SAPETRO, risque de causer à l'avenir beaucoup de préjudices à notre pays …. D’autres  déclarations ayant trait à, la gestion même  des activités de la compagnie SAPETRO seront  faites dans les jours à venir.

Fait à Cotonou, le 30 juin 2015

Le Bureau  Exécutif