La Nouvelle Tribune

Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté au Bénin : les performances réalisées en 2012

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Le gouvernement du Bénin a rendu public, le 27 juin dernier,  le rapport sur l’état d’avancement de la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté. Il en ressort des performances considérables, mais qu’il faudrait améliorer davantage.

Ln somme, au cours de l’année 2012, le Bénin a connu une accélération de la croissance (5,4%) , une consolidation des Finances publiques, avec un déficit budgétaire limité à 2,4%, une progression des indicateurs relatifs aux infrastructures routières, une nette progression des indicateurs du secteur de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement, une amélioration de l’accès aux services sociaux (Education et Santé)  et des objectifs globalement atteints au niveau du développement équilibré et durable de l’espace national. C’est ce qui ressort du rapport sur l’avancement de la stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté, troisième génération, rendu public, le 27 juin dernier, au Palais des Congrès de Cotonou.

Au total, le rapport s’est axé sur cinq axes, dont  l’accélération de la croissance, le  développement des infrastructures,  le renforcement du capital humain, la bonne gouvernance et le développement équilibré et durable de l’espace national.

Au niveau du premier axe,  d’après le dit rapport, l’économie nationale a évolué en 2012 dans un contexte international marqué par un ralentissement de l’activité mondiale (3,2% contre 4,0% en 2011)  et un reflux de l’inflation mondiale (2,0% contre 2,7% précédemment).

Quant au second axe, le rapport montre des indicateurs qui sont demeurés bien orientés, dans l’ensemble, même si les progrès sont inégaux d’un domaine à un autre. Ainsi, dans le domaine du transport routier, le linéaire de pistes rurales aménagées en 2012 est de 9749 km. Le secteur de l’énergie, de son côté, a évolué avec un taux national d’électricité qui s’établie à 28,2% en 2012, contre 27,9% en 2011, avec un taux national de couverture de 39,2%, contre 37,2% en 2011.  Les secteurs de l’eau et d’assainissement ont également connu une amélioration avec l’atteinte des objectifs fixés par les indicateurs. Ainsi, il se dégage un taux de desserte rurale de 63,7%, au lieu de la cible de 63%.

Le troisième axe consacré au renforcement du capital humain, quant à lui, se résume à 119,72% contre un objectif de 116%  de taux scolarisation de base et une fréquentation des services de santé comprise  entre  45,4% à 50,60%.

Quant au quatrième axe qui est consacré à la bonne gouvernance, il a enregistré une limitation du recours aux procédures exceptionnelles, avec un  taux d’utilisation des Ordres de Payement (Op) de   3,18%, au lieu d’une valeur ciblée de 8%. Sur la même liste, figure l’amélioration du taux d’exécution des dépenses courantes et d’investissement, ainsi que l’évolution favorable des délais de passation des marchés, qui est passé à 64, 71 et 59 jours, contre respectivement 88, 80 et 91 jours  (précédemment)

Pour finir, l’axe du développement équilibré et durable de l’espace national a enregistré un taux d’exécution, des transferts des dotations budgétaires aux communes, de 94,82% contre une prévision ciblée de 111,0% en 2011, ainsi qu’une superficie  reboisée de 3871,6 ha contre une prévision de 4096,2ha)  dans le cadre de la gestion durable des ressources naturelles.

Des défis impératifs à relever

La troisième génération de la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (SCRP III), publiée il y a peu, par le gouvernement, semble peindre le quotidien des béninois en rose. Ce qui parait peu réaliste. Car des défis, non des moindres, restent à relever  pour refléter les chiffres sur papier dans la réalité quotidienne des Béninois. Au nombre de ces défis,  la question de la  surpopulation des prisonniers dans les prisons, le manque d’efficacité du secteur de  l’Education, le climat des affaires, les perturbations du secteur de la Justice, l’électrification, l’accès à l’eau potable et l’assainissement, sans oublier l’élargissement des pistes rurales.

En effet,  les prisons sont aujourd’hui occupées à 273%, et la tendance reste croissante. A ceci s’ajoutent les crises périodiques et répétitives des mouvements de grèves dans le secteur judicaire, empêchant du coup, d’avoir accès aux services judiciaires convenablement.  Par ailleurs, le rapport d’avancement examiné à l’occasion du Conseil d’orientation de la SCRP de mars 2013, indique que la pauvreté gagne du terrain (de 35,2% à 36,2%) et que la tendance, ou les progrès insuffisants, au niveau de certains indicateurs de l’Education et de la Santé notamment, pourrait, si elle se maintient, dévier de la trajectoire des Objectif du Millénaire pour le Développement.

Les acteurs politiques devront alors, pour mieux convaincre à la prochaine revue conjointe de la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté, comme c’est désormais une tradition,  concentrer leurs efforts sur des actions à impacts directs sur la population.