La Nouvelle Tribune

Banques Culturelles : des musées de développement communautaire

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Un objet d’art peut être rentable sans être vendu. Cette option soutenue par Aldiouma Yattara, Promoteur des banques culturelles et Directeur du musée du Sahel, est confirmée par l’expérience des banques culturelles. Un concept encore peut connu.

La conférence de presse de clôture, à l’Institut français du Bénin (Ifb) à Cotonou, le jeudi 30 mai 2013, de l’atelier de réflexion sur ces banques, a permis au public béninois d’en savoir plus.

Aux dires des conférenciers, les banques culturelles sont nées pour briser avec le système des musées installés dans les grandes villes. Des musées qui, de part leur conception et leur gestion, n’intéressent pas trop les communautés, souligne Baba Kéïta, Directeur de l’Ecole du patrimoine africain (Epa). Le Mali a expérimenté depuis 1997 la banque culturelle, qui associe les communautés rurales dans sa gestion. Elle est créée et gérée par elles. Le Togo et le Bénin ont suivi quelques années après.

La banque culturelle, c’est à la fois, un musée villageois, une caisse villageoise de microcrédit, et un centre de formation et de culture. Musée, parce que c’est un lieu où sont conservés des objets d’art. Selon le concept, chaque citoyen de la commune ou du village apporte, s’il le désire, des objets d’arts qu’il détient. En retour, le musée lui octroie du crédit qu’il rembourse avec un faible taux d’intérêt. D’où le caractère caisse de microcrédit. A noter qu’il ne s’agit pas d’une vente de l’objet. Ce dernier demeure la propriété de ce citoyen qui, avec le microcrédit, doit entreprendre des activités génératrices de revenus, précise Aldiouma Yattara. Et pour ces activités qu’il aura choisies, la banque lui offre une formation appropriée. Aussi, des événements culturels sont-ils organisés pour l’animation du centre. Les intérêts des crédits et les fonds générés par ces événements sont destinés à la réalisation d’œuvres de développement de la localité, comme la construction d’infrastructures d’eau, de santé, d’éducation et autres.

Au Mali, informe Aldiouma Yattara, en 5 ans, près de 450 objets d’art ont pu être sauvés dans la 1ère banque ; du crédit octroyé à près de la moitié de la population et près de 90% de taux de remboursement. L’atelier des 28 et 29 mai 2013 à Porto-Novo, a permis d’évaluer les forces et faiblesses de ce concept de banque culturelle pour son amélioration et sa pérennisation.