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Bénin: Benoit Kpakoun fait l’historique du Fâ-Djèdou et de ses bienfaits

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Le tradithérapeute « Frère B », de son vrai nom Benoit Kpakoun, parle ici de la genèse du Fâ-Djédou, ses avantages et ses relations avec le vodoun. C’est à l’occasion des échanges, le week end écoulé, avec la presse à son domicile à Tokpota à Porto-Novo.

Comment le Fâ et le vodoun sont-ils venus dans le monde ? C’est à cette question fondamentale que le tradithérapeute « Frère B », a apporté quelques clarifications. Selon lui, beaucoup de géomanciens et « boconons », auraient déjà publié des recueils pour expliquer ce que sait que le . Aujourd’hui, il a décidé de revenir sur cette science de nos ancêtres, afin d’en expliquer les tenants et aboutissants. « Dada Sègbo, c'est-à-dire l’Entité qui incarne le monde entier, avait déjà ordonné l’existence de différentes catégories de vodouns qui font la fierté des peuples ». Parlant de ces vodouns, Benoit Kpakoun a évoqué Odan vodoun, Mami watta et l’arc-en-ciel, vodoun sakpata de la terre, Ogou sous la terre, Hêbiosso le tonnerre. Aussi, a-t-il précisé que des esprits gouvernent ces différents vodouns. Pour invoquer les mânes de nos ancêtres, dira Frère B, nos grands parents utilisaient le fruit « Prosper » communément appelé en langue locale « Ahohoué », qu’on jetait au pied du vodoun avant de prier. Aussi, il apporte d’autres précisions, « le vodoun et ces pratiques existaient 300 ans avant la naissance de Fâ Djédou en Egypte ».

Historique du Fâ Djèdou selon frère B

Tout est parti du mariage de deux femmes qui ont épousé un même homme. Au bout du roulot, l’homme a quitté la maison en abandonnant les deux femmes. Un jour, les deux femmes en question, sous l’emprise de Dada Sègbo, ont commencé des relations homosexuelles. Chose curieuse, une grossesse est issue de cette relation, mais à la naissance de l’enfant, il ne possédait pas des os durs dans son corps. A un certain âge, cet enfant a commencé par parler avec les doigts, et c’est cet enfant qui est le Fâ-Djédou, dont on parle de nos jours.

Fâ Djédou qui serait né en l’An un, écrivait de ses doigts à même le sol pour s’exprimer aux parents. En écrivant par terre, l’enfant renforçait ses disciples et messagers. D’années en années, il changea de cadre de vie, allant d’un lieu à un autre à l’insu des humains. C’est de là qu’il aurait instruit le monde avec ses seize (16) disciples, qui constituent de nos jours les seize signes de Fâ Djédou que sont Gbé-Mêdji, Yêkou-Mêdji, Wôli-Mêdji, Di-Mêdji, Losso-Mêdji, Winlin-Mêdji, Abla-Mêdji, Aklan-Mêdji, Guda-Mêdji, Sa-Mêdji, Ka-Mêdji, Trukpin-Mêdji, Tula-Mêdji, Lètè-Mêdji, Tchê-Mêdji et Fu-Mêdji. Aussi, faut-il préciser que ces seize disciples qui constituent les principaux signes du Fâ Djédou, ont donné naissance à beaucoup d’autres disciples, au total 256.

L’origine de « Okplè »

A la suite de son installation au Nigéria, du fait de l’hospitalité qu’on lui a réservé dans ce pays, le Fâ Djédou a vécu trente (30) ans depuis sa naissance, y compris la durée de son séjour, avant de disparaitre, d’où est sorti le nom « Ilé Ifè » au Nigéria. Pour accéder à ce lieu, il faut franchir plusieurs étapes et royaumes, d’où le nom « Orounmila », qui veut dire « le ciel et la terre », autrement dit le ciel qui maitrise le juste et la vérité.

C’est donc après la disparition du Fâ Djédou, dira frère B, qu’est venu l’instrument que nous utilisons « Okplè », issu d’un arbre qui donne rarement ce fruit en deux ans; cet arbre se trouve au Nigéria. Ainsi, à son arrivée, « Okplè » a fixé comme objectif de poursuivre et de réaliser les œuvres du Fâ Djédou, et c’est lui qui le représente aujourd’hui. Le « Okplè » est aussi appelé « Gou Maga ». Outre le « Okplè », on utilise également « Fadé », qui est la graine du fruit « Oklpè ».

Il y a aussi l’usage des noix de palme particulières, appelées « Dé Kissè ». Enfin, Benoit Kpakoun a parlé de comment on attribue le Fâ Djédou à quelqu’un. Selon ses propos, il faut d’abord emmener le tiers dans une forêt d’où il ressortira avec son signe, et c’est sur ce signe qu’on lui fera les rituels à la maison. Selon Frère B, ce que disent certains (quand l’on vous attribue le Fâ, vous devenez Boconon), est faux ; non ! Rétorque t-il.

La prise du vient montrer la voie à suivre, et celui qui qui reçoit le Fâ est un détenteur de l’obscurantisme qui l’aidera à s’orienter dans toutes ses actions et projets. Quant à ceux qui comparent le Fâ Djédou à la naissance de Jésus-Christ, il les renvoie à nos frères chrétiens, et déclarant relever personnellement du domaine de la tradition, ce qui ne lui permet pas de faire des comparaisons entre le et la naissance de Jésus-Christ.