La Nouvelle Tribune

De graves irrégularités au ministère de l‘intérieur

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Plus d’une dizaine d’agents du ministère de l’intérieur ont été reversés en toute illégalité dans la fonction publique. Un cadre du ministère a jeté le pavé dans la mare en révélant le pot-aux-roses.

 

Les derniers reversements d’agents au profit de l’Etat ont été entachés de graves irrégularités. L’exemple le plus patent a eu le soutien du Directeur des ressources humaines et du Directeur de la programmation et de la prospective (Dpp).

«Madame la Ministre, à propos de la liste des 360.712 agents contractuels reversés par la fonction publique, si les enquêtes sont bien menées, vous finirez par dégager au moins 10.000 agents illégalement reversés». Cette phrase n’est qu’une infirme partie du brûlot envoyé au ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et de l’administration territoriale et des cultes par un cadre de ce même ministère, le 23 janvier dernier. L’agent qui a requis l’anonymat s’est lancé dans une entreprise ô combien audacieuse de dénonciation des nombreuses irrégularités ayant entaché le reversement des agents dans la fonction publique, en qualité d’agents contractuels et permanents. Depuis le mois de septembre, il s’est engagé dans une vague de dénonciation tous azimuts contre deux responsables du ministère: le Directeur des ressources humaines (Drh) Nani Comlan et et son collègue Directeur de la programmation et de la prospective (Dpp), Marcellin Zohoun. 

Tout a commencé par la lettre du 1er Septembre 2011 adressée au ministre du travail et de la fonction publique (Mtfp), pour se plaindre du cas de dame S.A qui ne vérifie pas les conditions citées dans l’arrêté N°001/Mtfp/Dc/Sgm/Dgfp/Sa en date du 01/09/2008. En réponse à cette lettre, le ministre du travail et de la fonction publique, Mèmouna Kora Zaki, a lancé a leurs trousses l’inspection générale des services et de l’emploi publics (Igsep) pour connaître de l‘affaire. Cette inspection a permis à l’Igsep de révéler qu’en 2007 cette jeune femme était au ministère de l’intérieur pour y effectuer des recherches en vue de la rédaction de son mémoire.  Le rapport précise «qu’il est difficile de faire foi au certificat de première prise de service de 2007 et par conséquent de reconnaître la qualité de stagiaire ou d’occasionnel de cette dame». Plus loin, le rapport souligne que «les irrégularités constatées dans le cade de ce reversement procèdent de la légèreté dans la conception intellectuelle des opérations de reversement des occasionnels dans l’administration publique». Dans sa lettre du 23 janvier dernier, le cadre dénonciateur a révélé d’autres cas de reversements illégaux. C’est le cas de dame BM qui ne remplit pas les conditions pour se faire reverser dans la fonction publique. Or, selon les textes, aucun reversement ne peut être fait si l’agent n’a pas pris service au 31 décembre 2007 au moins. Et le gouvernement de se trouver ainsi interpellé.