La Nouvelle Tribune

Crise dans le secteur judiciaire : les magistrats ne démordent pas

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En réaction à la dernière déclaration -en date du 22 janvier dernier- de leur ministre de tutelle, le bureau exécutif de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) a organisé un point de presse hier au palais de la justice de Cotonou.

Le but est d’apporter quelques clarifications à certains points d’ombres qui subsistent dans leur conflit avec la ministre. C royant apaiser le conflit qui perdure entre les magistrats du Bénin et elle, le ministre de la justice, Marie Elise Gbèdo, a au contraire encore jeté de l’huile sur le feu. Et pour cause, les magistrats, réunis au sein de l’Unamab, estiment que l’autorité de tutelle au lieu de leur présenter des excuses publiques telles qu’ils l’ont exigé dans leur motion de grève, s’est plutôt adonnée, dans sa déclaration, a de la mauvaise communication surabondamment relayée par les médias. Selon les magistrats, la sortie médiatique du Garde des sceaux vise à apaiser les tensions et non à leur présenter des excuses publiques. «Pourrions-nous savoir raison gardée? Selon toute probabilité, la déclaration de madame le Garde des sceaux viserait à apaiser et à rassurer les magistrats de ce qu’il ne sont plus (du jour au lendemain) tous corrompus et de ce qu’elle n’a plus honte d’être leur ministre de tutelle», ont-il souligné. Pour Onésime Madodé, président de l’Unamab, cette déclaration de la garde des sceaux a été faite avec une mauvaise foi. Il se demande pourquoi c’est plus de quarante jours après avoir stigmatisé dans des termes dégoûtants l’ensemble des magistrats et la justice du Bénin qu’elle se trouve contrainte de clarifier des propos qui continuent de sonner comme un tocsin dans la tête des Béninois. Il se demande aussi pourquoi c’est maintenant qu’elle découvre la vertu de la justice et se rend disponible au dialogue. En se prononçant sur les dernières affectations des magistrats, le bureau exécutif de l’Unamab soutien avec force qu’il a été entaché de quelques cas de règlements de comptes. «Le bureau exécutif se réserve le droit sur ce point d’en administrer la preuve si madame le ministre persiste à ne pas reconnaitre les cas de règlement de comptes dont sont cousues les dernières affectations de magistrats», a affirmé Onésime Madodé. Si d’un côté, selon ses dires, l’Unamab se réjouit de ce que Gbèdo s’est enfin rendue, «la justice n’est pas un spectacle qui se déroule dans les médias», déclarent Madodé et les siens qui pensent que leur ministre est une fois encore passée à côté des réalités et des exigences des magistrats. Ils ajoutent qu’au lieu de persévérer à se conforter dans des explications peu recevables, leur ministre gagnerait à faire preuve d’humilité et de sagesse en assumant honorablement sa responsabilité dans la crise qu’elle a créée. Pour finir, les magistrats affirment qu’ils ne reculeront devant aucune manœuvre de diversion et se tiennent prêts pour la défense de leur corporation.