La Nouvelle Tribune

Crise au conseil communal de Ouinhi : le maire Innocent Sékou sur un siège éjectable

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Dans une motion de défiance adressée à l’autorité communale, les conseillers de la commune de Ouinhi fustigent les attitudes du maire Innocent K. Sékou. Ils dénoncent ses agissements qui foulent aux pieds les dispositions de la loi n°97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes du Bénin.

Les conseillers communaux de Ouinhi, après une analyse de la situation politique, économique, financière et surtout sociale de la commune ont décidé de retirer leur confiance à leur responsable hiérarchique. A l’ordre du jour de la réunion du conseil communal cette semaine, figure en bonne place le point relatif à la destitution du maire Innocent K. Sékou. Une destitution qui fera suite à la motion de défiance qui lui a été notifiée le 02 novembre dernier. La motion expose en grande partie la « mauvaise » politique de gestion du premier responsable de la commune avec pour corollaire la marginalisation des administrés ; son refus de rejoindre la résidence érigée pour les maires leur permettant de se faire plus proches des populations, en violation de l’article 46 de la loi du 15 janvier 1999 ; le recrutement anarchique des agents champêtres mais payés sur les maigres ressources de la commune. Ces conseillers lui reprochent par ailleurs la gestion financière calamiteuse et hasardeuse des ressources, la non convocation depuis 2008 des réunions mensuelles de la commune, élargies aux chefs d’arrondissement. Cet acte qui viole l’article 64 de la loi précitée a engendré comme conséquence, la sanction financière infligée à la commune par la commission nationale des finances locales (Conafil) à travers le Fonds d’appui au développement des communes (Fadec). Pour les six conseillers signataires de la motion, le maire méprise ses charges et ses responsabilités. Cela se traduit par son absentéisme notoire du territoire de la commune pendant des semaines. Un absentéisme qui, selon eux, a pour conséquence d’une part, le laisser aller quasi-total observé au niveau du personnel et d’autre part, la violation de l’article 70 de la loi n°97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes du Bénin. Cette disposition fait obligation à l’autorité communale de procéder à la réception des déclarations de naissance ainsi qu’à la transcription sur les registres d’état civil des actes ou jugements des nouveaux nés. Ce qui n’a pas été fait depuis janvier 2011. Ce comportement, selon les plaignants compromet les intérêts des populations et décrédibilise les autorités communales. Une situation qui, de leur avis, les incite à plaider pour une alternance.