La Nouvelle Tribune

Selon le livre blanc sur l’Etat de la corruption au Bénin : la douane et la justice, les secteurs les plus corrompus

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Dans le cadre de la cérémonie officielle de célébration de la journée nationale de lutte contre la corruption tenue hier à la direction générale des impôts et droit indirects, l’Observatoire de lutte contre la corruption a rendu publique l’édition 2009 du livre blanc sur l’Etat de la corruption au Bénin. La douane et la justice se retrouvent en pole position du classement des différents secteurs de la vie publique béninoise.

La douane, la justice, la police-gendarmerie, les marchés publics, la fonction publique, les impôts, le trésor public, les mairies, la santé, les médias et l’enseignement. Tel se présente dans l’ordre décroissant le classement des secteurs selon l’existence de la corruption au Bénin. Ce classement a été produit dans l’édition 2009 du livre blanc sur l’état de la corruption au Bénin. Ce document contient les résultats des enquêtes réalisées par l’Observatoire de lutte contre la corruption (Olc) en application au décret 2008-180 du 08 avril 2008 portant création, attributions, organisation et fonctionnement de l’Olc. Dans l’avant propos du document, Jean Baptiste Elias, président de l’Olc a souligné que la corruption est restée globalement en progression au Bénin. « Sur les onze secteurs concernés par l’enquête, précise-t-il, deux sont restés stagnants et ont gardé leur position de 2008, cinq ont connu une aggravation tandis que quatre ont connu une régression ». Selon la perception des citoyens interrogés, de 2007 à 2009 la pratique de la corruption est restée stagnante à la douane et à la fonction publique. Dans les médias, les mairies, à la justice, la police-gendarmerie et au trésor public, la pratique a connu une aggravation tandis qu’il y a régression dans les marchés publics, les impôts, la santé et l’enseignement. L’enquête révèle aussi que dans tous les secteurs concernés, les niveaux où se manifeste la corruption sont ceux où les salaires sont les plus bas, notamment au niveau des agents d’exécution. Réalisée dans le courant juin-juillet 2010 auprès de 4000 personnes de toutes les catégories socioprofessionnelles, la réalisation de cette enquête vise, selon ses instigateurs, à jeter un regard rétrospectif et critique sur la perception de la corruption par les citoyens, ses manifestations, ses causes ainsi que les réflexions et luttes engrangées pour l’enrayer. La collecte des données a été effectuée dans les villes comme Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Ouidah, Abomey-Bohicon, Lokossa, Natitingou, Sèmè-Kraké et Hilacondji.