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Eric Houndété député de l’opposition: «C’est une décision complètement excessive»

Approché, le député de l’Union fait la Nation Eric Houndété s’est prononcé par rapport à la décision de la HAAC qui a enterrée définitivement l’organe de presse « Le Béninois Libéré ». Le député, après avoir expliqué qu’il est aujourd’hui une nécessité d’assainir la profession de journalisme, il a toutefois déploré cette décision de la HAAC qui interdit formellement et définitivement cet organe de presse d’exercer désormais au Bénin.

Quelles sont vos impressions par rapport à la dernière décision de la HAAC qui interdit au quotidien « Le Béninois libéré » définitivement de paraitre ?

Je pense qu’il y a nécessité d’assainir le milieu de la presse, c’est une nécessité avérée d’assainir le milieu de la presse. Seulement, je dois dire que l’interdiction formelle et définitive de l’organe « Le Béninois Libéré » me parait comme une décision complètement excessive, ceci d’autant que les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’audition publique révèlent un manque d’objectivité et un manque de recul dans la décision. Les propos tenus par certains conseillers, de mon point de vue, manquaient de sérénité et d’un peu de recul. On pourrait être tenté de dire que c’est peut être une question de règlement de compte, une question de personne. Les sanctions de cette nature d’interdiction définitive de mon point de vue ne devraient pas être du ressort de la HAAC. Elle peut faire une interdiction provisoire et non définitive si un tribunal ne s’est pas prononcé. Elle est chargée de faire la régulation et la régulation ne peut pas déboucher sur une interdiction définitive. Deuxièmement, l’interdiction pour des individus d’exercer une profession à vie, c’est pratiquement à vie, en tout cas, ils ont dit jusqu’à nouvel ordre, ça peut aussi être excessif de mon point de vue que lorsqu’on n’a pris la première décision.

Pensez-vous que ça fait partir des prérogatives de la HAAC d’interdire définitivement à un organe de paraitre ?

Je pense que non parce que la HAAC a beaucoup de choses à faire, il y a depuis quelques temps beaucoup de promoteurs de radio et de télévision qui attendent de recevoir leur fréquence et c’est une affaire qui dure depuis trois ans maintenant. Je pense que la HAAC n’a pas le sentiment de consacrer du temps à cela. Il y a que des choses sont reprochées aujourd’hui à ce journal, malheureusement c’est commun à un ensemble de quotidiens, c’est relayé abondamment et on dirait que c’est maintenant que la HAAC se lève pour le faire. Mais lorsqu’un collègue député de l’opposition est traité de bandit de la République par un journal, la HAAC n’a jamais fait une observation pour dire c’est mauvais, lorsque l’Ortb interdit de parole à un certain nombre de gens, la position sur cette question ce n’est pas encore ça. Lorsque les journaux de la télévision Ortb sont unis dans un seul sens politique, la HAAC n’a pas vu que c’est mauvais. Et ça fait légion ces manquements là au système démocratique et à la liberté de presse qu’il y a dans le pays. Je pense que je suis d’accord qu’on sanctionne parce qu’il y a de la destruction des hommes, mais il faut que chacun joue son rôle. Beaucoup de journalistes ont offensé des hommes dans ce pays mais il n’y a jamais eu de jugement. Parfois il y a des sanctions qui ne sont pas appliquées. Je pense que c’est à ça que nous devons atteler parce que la HAAC pouvait déjà donner à ces gens qui sont sanctionnés par des instances reconnues par notre Constitution, par des jugements. Ne serait-ce que deux mois de suspension qu’on l’a condamné, ce serait déjà pas mal. Je pense qu’il y a nécessité de revoir mais il me semble que le contexte dans lequel cette décision a été prise et la gravité de la décision, ceci d’autant que si j’ai bien entendu, le journaliste a exigé leur droit à la défense, à se faire assister de leur avocat parce que l’audition publique prenait l’allure d’un tribunal. Il me semble que la HAAC devait faire un peu plus tempo. Je n’exhorte pas la HAAC à ne pas sanctionner, il faut sanctionner. La HAAC devait même envoyer certains dossiers à la justice, elle devait même faire en sorte que la loi sur la presse soit introduite pour que les journalistes se sentent contraints de respecter un peu plus la déontologie. Le ver est dans le fruit. Cette sanction me semble exagérée.

Soulé Sabi Moussa (député Fcbe)

Je crois que la HAAC est une institution de la République et son fonctionnement est régi par des textes. Je pense que si les gens prennent des décisions, ils se réfèrent absolument à leurs textes. Et la décision d’interdiction définitive, ça doit être motivé par rapport aux textes de la HAAC parce que, à suivre le rapporteur, il semble que l’intéressé a déjà reçu des sanctions par trois fois, il a récidivé trois fois, certainement que les textes ont prévu la sanction définitive. Ce qui est important, nous devons tous savoir que la démocratie c’est ce pays là où la Constitution n’a que deux articles. Le premier article dit chacun est libre de faire ce qu’il veut et le second article dit, personne n’est obligé d’observer le second article. Ca ce n’est pas de la démocratie. La démocratie est la dictature des lois. Lorsque vous vous entendez sur des normes de fonctionnement de la société, il faut vraiment respecter cela. Si vous allez au-delà ce n’est plus de la démocratie. Moi je situe ça par rapport à la violation de la déontologie du métier. Evidemment, l’intéressé est un béninois comme nous tous, il a besoin de jouir de certains avantages, donc au-delà de la sanction, je pense que toute la société ne va pas l’abandonner, peut-être que cette sanction est pour lui aussi une conséquence qui va l’éduquer mieux que les conseils. Ceux qui ont pensé à créer cette institution HAAC dans notre Constitution, ils ont pensé que certaines prérogatives de la justice doivent aller à la HAAC et aujourd’hui la HAAC a eu des hommes qui sont décidés à jouer leur partition.

El hadj Azizou (député Fcbe)

Par rapport à cette décision, je pense que, en tant que béninois, il vaut mieux que je sois un peu plus direct. Effectivement, depuis un temps, on constate que dans certaines presses, il y a de l’exagération. J’ai appris que par le passé, c’est des hommes d’affaires, des hommes politiques qui sont attaqués. Mais quant à aller jusqu’au niveau des chefs d’Etat, je pense que c’est exagéré. Ce n’est pas une question de déontologie ça. Je pense que chacun de nous, sur la base de cette décision, essayé de nous reprendre chacun dans son métier. Je ne m’adresse pas seulement aux hommes et femmes des médias mais tout le monde. Les chefs d’Etat c’est des hommes élus et dans tous les cas, c’est au moins la moitié de leur population qui les a placé là. Il faut faire très attention et le terrain est très glissant lorsque cinq chefs d’Etat plus des observateurs de même niveau se réunissent comme ça, c’est en réalité pour pouvoir mettre en place un certain nombre de difficultés. Je crois qu’il faut seulement prier Dieu pour que de pareils esprits ne nous abritent plus et que de pareils écrits, qu’on ne les observe plus aussi bien au niveau des médias qu’ailleurs.