La Nouvelle Tribune

Présidence de Yayi à la tête de la Cen-sad

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Yayi BoniKhadafiUne mandature qui s’annonce difficile
Le dixième sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens a vécu. Ce qui ouvre la  mandature du président Boni Yayi à la tête de l’organisation. Mais déjà, des indices, d’un mandat très difficile, sont notés au cours de la rencontre de Cotonou. La mandature que le Dr Boni Yayi, nouveau président de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-sad) inaugure avec le sommet de Cotonou s’annonce déjà difficile. Au-delà des dossiers brûlants auxquels il doit s’attaquer tels que la réalisation de la route trans-sahara, la concrétisation de la muraille verte, l’exécution des mesures prises pour résorber la crise alimentaire qui sévit dans la communauté Cen_sad, il a une autre  mission très délicate à réussir.
 Il s’agit pour le président  béninois  de colmater les fissures qui s’observaient avant le sommet de Cotonou et qui se sont davantage agrandies avec le discours du Guide libyen. En effet, on avait déjà noté l’absence de certains présidents dont l’aura en Afrique n’est pas des moindres. On peut citer le président Abdoulaye Wade du Sénégal, co-auteur du Nepad, de Hosni Moubarak de l’Egypte, de John Kuffuor du Ghana, le roi Mohamed VI du Maroc, Umaru Yar’Adua du Nigeria, Omar Bongo du Gabon et bien d’autres. Outre ceux-là qui n’ont pas daigné faire le déplacement de Cotonou, il y a ceux qui sont partis du sommet déçus par les propos de Mouammar Kadhafi. Ce dernier, n’est pas allé du dos de la cuillère  pour signifier que le retard de l’Afrique résulte de la pléthore d’organisations sous-régionales qu’il souhaite voir disparaître. Pour lui, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) n’est qu’un instrument du Nigeria pour asservir ses voisins. C’est la même attribution qu’il confère à la Comesa qui à la solde de l’Afrique du Sud. Il ira plus loin en qualifiant l’union arabe d’organisation zéro au sein de laquelle des conflits sont alimentés. Face à cette diatribe, la désapprobation de certains Chefs d’Etats est à peine voilée pendant que la réaction de la délégation nigériane ne s’est pas fait attendre. Visiblement, le discours du Guide est mal digéré. Certains participants n’ont pas apprécié cette idée de dissoudre les organisations sous-régionales quand bien même ils sont d’accord qu’il faut aller tôt ou tard à une union effective. Déjà, ils chuchotent qu’ils ne sont pas disposés à se faire dicter leur comportement auquel cas, ils claqueront la porte. C’est donc déjà des embûches qui parsèment la mandature naissante de Boni Yayi.  Lui sur qui repose pourtant l’espoir de pouvoir impulser une dynamique nouvelle à la Cen-sad. Dans l’application des décisions du dixième sommet, il a besoin de tous les pays membres pour l’obtention de résultats potables. Si déjà, à l’orée de sa mandature il y a déjà des frustrations, que pourra-t-il réaliser ? La tâche qui attend donc le président de la Cen-sad n’est pas une mince affaire. Il devra se lever très tôt et prendre son bâton de pèlerin et parcourir les capitales africaines afin de ramener à la Communauté les membres frustrés. Il doit également se faire l’idée qu’il ne lui sera pas facile de convaincre un certain Abdoulaye Wade ou un Omar Bongo, tous de vieux routiers de la scène politique africaine, décidés à laisser leurs empreintes dans l’histoire. Il est cependant tenu d’obtenir des résultats, surtout qu’il s’agisse d’une première responsabilité sur la scène africaine. Trouvera-t-il la formule magique ? Sera-t-il assez diplomate ? On sait qu’il a pu, il y a deux ans, réunir autour de sa candidature des gens insoupçonnés. C’est le moindre qu’on lui souhaite même dans ses nouvelles fonctions.

Benoît Mètonou