La Nouvelle Tribune

Suspension des primes et indemnités : la grève se poursuit malgré le retrait de la décision

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«Ce que fait le gouvernement est un mépris envers les confédérations syndicales. C’est de l’humiliation», s’indigne Dieudonné Lokossou secrétaire général de la confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin) en réponse aux annonces radiodiffusées et télévisées sur la décision relative au retrait de la décision de suspension des primes et indemnités dans les sociétés et offices d’Etat. «Non, une annonce sur bande défilante télévisée ne peut constituer le motif d’arrêt de la grève», a martelé le secrétaire général. Il explique que les organisations syndicales avant de déclencher leur grève, ont adressé de façon formelle leur motion à l’autorité de tutelle ; alors si le gouvernement prend une décision concernant cette motion ce n’est pas à travers une bande télévisée qu’il les informera. «Le gouvernement devrait nous transmettre de façon formelle la décision. C’est pourquoi nous poursuivons la grève », a répliqué Lokosssou. La grève lancée par l’ensemble des confédérations syndicales évidemment se poursuit sur toute l’étendue du territoire national. Au constat effectué hier, les locaux de la caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) sont tous fermés. Seulement un service minimum a été mis en place pour répondre aux cas urgents. Sévérin Dossou-Yovo, secrétaire à l’information du syndicat national des agents de la sécurité sociale (Synass), a confié que ce service minimum a été accepté par le syndicat à l’issue d’une longue négociation pour éviter que soit pénalisé les cotisants. En effet, le 15 est la date de pointe pour les sociétés qui payent les cotisations pour leurs agents. Passé cette date, les retardataires sont frappés de pénalités, et s’il s’avérait que cela est dû à la grève, vous imaginez ce que le client penserait de la caisse. A la société béninoise des manutentions portuaires (Sobemap), au port autonome entre autres, la motion de grève est largement suivie. Edmond Gayé agent de la Sobemap réplique que la suspension de primes et indemnités revient à arracher au travailleur son revenu mensuel. Car les accessoires de salaire font très souvent le double du salaire. Un militant du Synass réplique et ce n’est pas Yayi qui fixe les primes, c’est plutôt la loi. De quel droit se se prévaut-il pour suspendre les primes ? Il faut souligner que le Chef de l’Etat est revenu sur sa décision en retirant celle qui suspend les primes et indemnités dans les sociétés et offices d’Etat. On se demande si ce n’est pour ces raisons que la Sbee, la Soneb, l’Ortb n’ont pas respecté la motion de leur centrale d’affiliation. Par ailleurs, les secrétaires généraux de confédérations syndicales indiquent comme autre motif de la poursuite de la grève, le non retrait de l’assemblée nationale du projet de loi portant exercice de droit de grève en République du Bénin.